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L'agriculture, première cause de déclin de la biodiversité

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La journée internationale de la diversité biologique a été pour la France le moment de s'interroger sur la préservation de sa biodiversité, largement malmenée par l'agriculture intensive. Un constat alarmant qui a conduit la LPO à sceller un nouveau pacte avec les agriculteurs en lançant un programme d'action pour une agriculture plus respectueuse de l'environnement.

En France comme en Europe, l'agriculture intensive est la première cause de déclin de la faune sauvage. L'absence de prise en compte de l'environnement dans les pratiques agricoles a des répercussions sur les ressources naturelles (pollution de l'eau, dégradation des sols, banalisation des paysages) et donc des conséquences sur la biodiversité.

La LPO est au quotidien le gardien de la biodiversité, à travers ses actions sur les zones humides*, sur les espaces ruraux et pour des espèces emblématiques comme le râle des genêts** ou l'outarde canepetière***, pour lesquelles l'agriculture reste la cause principale de régression.

Reconquérir la biodiversité

La LPO a été amenée récemment à mettre en place de nouvelles mesures et à promouvoir ses actions avec le soutien d'agriculteurs volontaires. C'est ainsi qu'elle a pris l'initiative de réunir trois réseaux d'agriculteurs : le réseau des agriculteurs biologiques (FNAB), le réseau de l'agriculture durable (FNCIVAM), et le réseau de l'agriculture raisonnée (FARRE).

L'objectif de l'opération est d'initier un programme expérimental de reconquête de la biodiversité en milieu agricole. Le projet concernera à terme 160 agriculteurs choisis dans 16 départements. Après un diagnostic de la biodiversité sur chaque exploitation, le but sera d'établir un plan de gestion sur 5 ans renouvelable, en partenariat avec chaque agriculteur. Ce plan incluera l'amélioration des pratiques et la mise en place d'infrastructures écologiques adaptées à chaque exploitation.

Aujourd'hui, il est possible d'inciter les agriculteurs à réduire les pollutions par de meilleures pratiques agricoles. La LPO estime que les initiatives en faveur de l'entretien du paysage (bocage, prairies permanentes...) et de la conservation de la biodiversité doivent bénéficier de plus de soutien dans le cadre de la Politique Agricole Commune. En 2005, les prairies permanentes françaises ne représentent plus q'un cinquième du territoire, diminution de 25% en 35 ans du fait essentiellement de l'intensification agricole.

Afin de répondre aux objectifs européens de stopper la perte de la biodiversité d'ici 5 ans, la France a le devoir de promouvoir une nouvelle agriculture qui soit durable sur le plan économique, social et environnemental.

Il en va de la sauvegarde de sa biodiversité, « assurance-vie de notre monde en mutation », thème retenu par l'ONU cette année pour la Journée internationale de la diversité biologique.

Allain Bougrain-Dubourg "Président de la LPO"

*La moitié des zones humides a disparu en 20 ans du fait de l'assèchement, du drainage et de la mise en culture. La superficie des zones humides en France est du même ordre de grandeur que celles des routes et des parkings.

** Râles des genêts : Il ne reste plus que 600 males chanteurs, soit une diminution de 50% depuis 1998.

*** Outardes Canepetières : elles ne sont plus que 350 en plaines céréalières, soit un déclin de 25 % depuis 2000.

FNAB : Fédération Nationale de l'Agriculture Biologique
FNCIVAM : Fédération Nationale des Centres d'Initiatives pour Valoriser l'Agriculture et le Milieu rural
FARRE : Forum de l'Agriculture Raisonnée