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Blue Car, étonnante voiture électrique, est lancée sur les routes

La voiture électrique bleue du groupe Bolloré, avec sa batterie au lithium métal polymère et ses 250 kilomètres d’autonomie, vient d’être homologuée. Il reste encore à effectuer des essais routiers et à trouver un constructeur. Cet ambitieux projet lancé dans les années 1990 continue d’avancer et pourrait aboutir à un modèle commercialisé en 2009.

Compacte, modulaire, non polluante, la Blue Car a des atouts pour séduire. Crédit : Batscap/Bolloré Compacte, modulaire, non polluante, la Blue Car a des atouts pour séduire. Crédit : Batscap/Bolloré

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Conçue par Philippe Guédon en partenariat entre le groupe Bolloré et Matra Engineering, la Blue Car est à première vue une astucieuse et élégante voiture électrique. Pas plus longue qu’une Austin Mini (3,30 mètres), elle est large (1,72 mètre), haute (1,61 mètre) et modulaire. Trois passagers peuvent prendre place à l’avant et les deux sièges arrière se rabattent pour offrir un volume important (900 litres). En abaissant aussi les sièges des passagers avant, on dispose de 2,3 mètres cubes.

C’est sous le capot et surtout sous les sièges que réside la principale innovation : une batterie au lithium métal polymère sur laquelle les ingénieurs ont commencé à travailler en 1990. Financées par le groupe Bolloré, ces recherches ont abouti à une batterie aux capacités remarquables, produite par la société Batscap (pour « batterie à super capacité »), filiale du même groupe, avec une participation d’EDF (5 %).

La technologie de cette batterie est différente de celle des modèles à lithium-ion qui ont envahi l’électronique nomade, dans les téléphones, les ordinateurs portables ou les appareils photo. Dans ce cas, c’est la forme ionique du lithium qui est utilisée. Son inconvénient est un risque d’explosion, mais il est facilement évitable par un contrôle électronique. Le lithium métallique, lui, est franchement dangereux. Ce métal (le plus léger de tous) réagit en effet avec l’eau d’une manière explosive. Le recours à des polymères parvient à la rendre inoffensive.

Citadine toute propre

Dans la batterie de Batscap, les éléments comportent trois films minces : l'anode (une feuille métallique de lithium), l'électrolyte (du sel de lithium inclus dans un polymère, du polyoxyéthylène) et un polymère pour la cathode. Etudié depuis 1990, ce procédé a été développé par Batscap et par une société québécoise (Avestor), récemment rachetée par Bolloré. Dans la Blue Car, les batteries pèsent 240 kilogrammes et engrangent 28 kWh, soit 117 Wh/kg (à peu près trois fois la performance d'une batterie au plomb). La recharge complète prend quatre heures. Elles confèrent à la voiture bleue des performances excellentes pour un véhicule électrique : autonomie de 250 kilomètres, vitesse de pointe de 125 à 130 km/h et accélération de 0 à 60 km/h en 6,3 secondes.

Cette petite voiture idéale pour la ville a été présentée au salon de Genève en 2005 et en est aujourd’hui à la deuxième version du prototype. Il en existe six exemplaires. La Blue Car vient de recevoir son homologation et peut donc rouler sur la voie publique en arborant fièrement des plaques d’immatriculation. La phase des essais routiers a maintenant commencé.

On la verra de nouveau au prochain salon de Genève, au mois de mars prochain, et le groupe Bolloré espère bien la commercialiser à partir de 2009. La dernière étape est de trouver un constructeur prêt à se lancer dans l’aventure de l’électrique.


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