Mots-clés |
  • développement durable,
  • insecte

Dix insectes autorisés pour la consommation humaine en Belgique

En Belgique, la consommation humaine d’insectes a désormais un cadre légal. L’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire belge vient d’autoriser la mise sur le marché de dix espèces d’arthropodes destinés à notre alimentation, de quoi rassurer les acteurs de la filière de l’entomophagie. 

Les dix espèces d’insectes autorisées à la consommation humaine en Belgique sont déjà appréciées en Asie, où aucun problème lié à leur ingestion n’a été constaté. © the tαttσσed tentαcle, Flickr, cc by nc sa 2.0 Les dix espèces d’insectes autorisées à la consommation humaine en Belgique sont déjà appréciées en Asie, où aucun problème lié à leur ingestion n’a été constaté. © the tαttσσed tentαcle, Flickr, cc by nc sa 2.0

Dix insectes autorisés pour la consommation humaine en Belgique - 2 Photos

PDF

Les insectes sont de plus en plus vus comme la solution à l’augmentation constante des besoins alimentaires mondiaux, notamment par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). En effet, ils cumulent plusieurs avantages nutritionnels non négligeables. Par exemple, les hexapodes sont riches en protéines, en lipides, en minéraux et en vitamines, comme les viandes et les poissons gras. D’ailleurs, plus de deux milliards d’humains en consommeraient déjà dans le monde. Alors, pourquoi pas nous ?

Premièrement car les occidentaux ont de sérieux préjugés sur ces animaux bien souvent considérés comme répugnants et sales. Deuxièmement car leur consommation par des humains n’est pas autorisée par les instances européennes. Cependant, en raison d’un flou dans certains champs d’application du règlement Novel food (il régit la mise sur le marché d’aliments apparus après 1997), plusieurs états membres tolèrent l’usage d’insectes dans l’alimentation humaine sur leur territoire. Cette situation est problématique pour les entreprises, restaurants et magasins désireux de se lancer dans le marché de l’entomophagie. Il est effectivement difficile de convaincre des entrepreneurs ou des investisseurs de se lancer sous une telle incertitude juridique.

En attendant qu’une position claire soit adoptée par les instances européennes et qu’une harmonisation soit mise en place entre les états membres, la Belgique a décidé de prendre les devants. Son Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) vient d’autoriser la mise sur le marché de 10 espèces d’insectes destinées à la consommation humaine, « à condition que les prescriptions relatives à la sécurité alimentaire soient respectées » précise un communiqué.

Le criquet pèlerin (ici Schistocerca gregaria) figurera-t-il sur les menus ?
Le criquet pèlerin (ici Schistocerca gregaria) figurera-t-il sur les menus ? © IIta-media-library, Flickr, CC by-nc 2.0

Une porte ouverte vers le développement de l’entomophagie

Les 10 espèces sélectionnées sont : 

  • le grillon domestique (Acheta domesticus) ;
  • le criquet migrateur africain (Locusta migratoria migratorioides) ;
  • le ver de farine géant (Zophobas atratus morio) ;
  • le ver de farine (Tenebrio molitor) ;
  • le ver Buffalo (Alphitobius diaperinus) ;
  • la chenille de la fausse teigne (Galleria mellonella) ;
  • le criquet pèlerin d’Amérique (Schistocerca americana gregaria) ;
  • le grillon à ailes courtes (Gryllodes sigillatus) ;
  • la chenille de la petite fausse teigne (Achroia grisella) ;
  • et la chenille du bombyx (Bombyx mori).

Plusieurs règles d’encadrement de la filière de l’entomophagie ont été définies. Ainsi, les éleveurs devront s’enregistrer à l’Afsca. Pour leur part, les opérateurs du secteur de la transformation et de la distribution devront demander une autorisation avant de commercialiser leurs produits (insectes ou produits dérivés). Ils le seront alors dans le respect de « l’application de bonnes pratiques d’hygiène, la traçabilité, la notification obligatoire, l’étiquetage et la mise en place d’un système d’autocontrôle » précise le communiqué.

Une dernière précision a été apportée par l’Afsca dans l’annonce de sa décision : « ces règles nationales seront révisées si nécessaire sur base de l’harmonisation européenne ». En d’autres mots, un risque juridique planera toujours sur les entreprises belges jusqu’à ce que l’Union européenne se prononce sur un projet de révision de son règlement Novel food, dont l’entrée en vigueur est prévue pour 2016. D’ici là, des dindes farcies de vers de farine géants vont-elles apparaître sur les tables de Noël de nos voisins ?


Sur le même sujet

Vos réactions

Chargement des commentaires