Sciences

Gustave Le Bon

7 mai 1841 - 13 décembre 1931

Physicien, auteur et psychologue

Classé sous :Physique , psychologie , médecin

Biographie

Charles-Marie Gustave Le Bon est né à Nogent-le-Rotrou, dans le Centre-Val de Loire, le 7 mai 1841. Au moment de sa naissance, sa mère Annette Joséphine Desmarlinais a 26 ans et son père, Jean-Marie Charles Le Bon a 41 ans et travaille comme fonctionnaire régional pour le gouvernement français.

Gustave Le Bon est un psychologue, et a également été physicien amateur et sociologue. Il était considéré comme l'un des noms les plus influents dans le domaine de la psychologie, et les sujets qu'il abordait étaient d'une importance fondamentale au 20e siècle. Parmi eux, on retrouve la psychologie de masse, le désordre comportemental, et les théories sur la supériorité raciale.

La jeunesse de Gustave Le Bon

Alors que Le Bon a huit ans, son père obtient un nouveau poste au sein du gouvernement français et la famille quitte Nogent-le-Rotrou pour s'installer à Tours. On connaît peu l'enfance de Gustave Le Bon, si ce n'est qu'il a fait ses études dans un lycée de Tours, où il décroche des résultats exceptionnellement bons.

En 1860, il commence des études de médecine à l'université de Paris. Il effectue un stage à l'Hôtel-Dieu et obtient un doctorat en 1866. Dès lors, il se désigne lui-même comme « docteur », bien qu'il n'ait jamais travaillé officiellement comme médecin. Pendant ses années d'université, Gustave Le Bon écrit des articles sur de nombreux sujets médicaux. 

Gustave Le Bon et les conflits

Après son diplôme, Le Bon reste à Paris, où il apprend l'anglais et l'allemand en lisant les œuvres de Shakespeare en différentes langues. Il écrit plusieurs articles sur les études physiologiques, ainsi qu'un livre de 1868 sur la reproduction sexuée, avant de rejoindre l'armée française comme médecin officiel après le déclenchement de la guerre franco-prussienne en juillet 1870. 

Pendant la guerre, Le Bon organise une division d'ambulances militaires. À cette occasion, il observe le comportement des militaires dans les pires conditions possible, et écrit ses réflexions sur la discipline, le leadership et le comportement de l'Homme dans un état de souffrance. Ces réflexions ont été saluées par les généraux, puis étudiées à Saint-Cyr et dans d'autres académies militaires. À la fin de la guerre, Le Bon est nommé chevalier de la Légion d'honneur.

Gustave Le Bon a également été témoin de la Commune de Paris de 1871, une période d'insurrection qui a profondément marqué sa vision du monde. Alors âgé de trente ans, il a vu la foule parisienne révolutionnaire mettre le feu au Palais des Tuileries, à la bibliothèque du Louvre, à l'Hôtel de Ville, à la Manufacture des Gobelins, au Palais de Justice et à d'autres monuments irremplaçables.

Voyages autour du monde

Le Bon s'est intéressé au domaine de l'anthropologie dans les années 1870 et a voyagé à travers l'Europe, l'Asie et l'Afrique du Nord. Influencé par Charles Darwin, Herbert Spencer et Ernst Haeckel, il soutient le déterminisme biologique et une vision hiérarchique des races et des sexes. Au cours de ses recherches, il invente un céphalomètre portable pour aider à mesurer les caractéristiques physiques des personnes dans les régions éloignées, et publie un article détaillant son invention et ses applications.

En 1884, il est engagé par le gouvernement français pour voyager en Asie, afin d'y étudier et de rendre compte de ses études sur les civilisations. Le résultat de ses voyages fut une série de livres, et un développement dans la pensée de Le Bon qui en vint à considérer que la culture est principalement influencée par des facteurs héréditaires, tels que les caractéristiques raciales du peuple. 

Gustave Le Bon à cheval

Au cours de ses voyages, Le Bon a surtout voyagé à cheval et a remarqué que les techniques utilisées par les éleveurs de chevaux variaient selon les régions. Alors qu'il montait un cheval rebelle, il tombe et échappe de justesse à la mort. Curieux de savoir ce qui l'avait poussé à se faire jeter de ce cheval, il décide d'entamer une étude sur ce qu'il avait fait de mal dans son rôle de cavalier. 

Le résultat de son étude a été un livre, comportant de nombreuses photographies de chevaux en action. Cet ouvrage est devenu un manuel de cavalerie respecté, et Le Bon a extrapolé ces études sur les chevaux pour élaborer des théories sur l'éducation des enfants.

Gustave Le Bon, physicien et psychologue

Le Bon a construit un laboratoire à domicile au début des années 1890 et, en 1896, il a déclaré avoir observé de la « lumière noire », un nouveau type de rayonnement qu'il croyait distinct, mais qui peut être lié aux rayons X et aux rayons cathodiques. Ce n'était pas le même type de rayonnement que celui que l'on connaît aujourd'hui sous le nom de lumière noire, et son existence n'a jamais été confirmée. Mais l'affirmation de cette découverte a attiré beaucoup d'attention parmi les scientifiques français, dont beaucoup soutenaient les idées générales de Gustave Le Bon sur la matière et les rayonnements. Le Bon a même été nominé pour le prix Nobel de physique en 1903.

Ainsi, à partir de 1902, Gustave Le Bon entame une série de déjeuners hebdomadaires auxquels il invite les intellectuels de l'époque. Parmi les participants figuraient les cousins Henri et Raymond Poincaré, Paul Valéry, Henri Bergson, Marcellin Berthelot et même Aristide Briand.

Dans son ouvrage « L'Évolution de la Matière » publié en 1905, Gustave Le Bon anticipe l'équivalence masse-énergie. Dans une lettre envoyée à Albert Einstein, il se plaint de son manque de reconnaissance. Einstein répond et admet qu'une équivalence masse-énergie avait été proposée avant la sienne, mais seule la théorie de la relativité le prouva de façon convaincante. 

En 1908, Gustave Le Bon interrompt ses recherches en physique et se tourne définitivement vers la psychologie. Il se spécialise sur le thème de psychologie des foules et publie de nombreux livres, traduits en plusieurs langues et republiés plusieurs fois jusque dans les années 1920. 

Gustave Le Bon décède en 1931 à Marnes-la-Coquette, à l'âge de 90 ans.