Rares sont les banques consentant à faire un prêt sans une assurance dommage-ouvrage. Un courtier expert peut aider l’autoconstructeur à trouver le précieux sésame. © MaxiAssur

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Auto-construction : quels sont les financements ?

Question/RéponseClassé sous :Maison , construction de maison , Finances

Dans la plupart des cas, un projet d'auto-construction passe par une demande de prêt. Une vraie course d'obstacles, qui nécessite un dossier irréprochable et des arguments très convaincants pour rassurer l'établissement sollicité. 

Bâtir sa maison de ses mains : un challenge gratifiant, avec la perspective d'économiser une coquette somme sur la mise en œuvre. À moins d'une épargne confortable, d'un don providentiel ou d'un héritage, le recours à l'emprunt est une étape obligée. Et là, il faut être très motivé. Une majorité de banques refuse catégoriquement de financer l'auto-construction. Celles qui acceptent se comptent sur les doigts de la main et sont particulièrement regardantes.

Avoir le bon profil, le premier obstacle à franchir

Pour espérer intéresser un établissement prêteur, une situation professionnelle stable, avec un salaire annuel supérieur à 35.000 €, est un préalable indispensable. Un apport personnel est en principe exigé, dans la fourchette de 10 à 30 % du financement demandé. Ce qui suppose d'avoir une idée précise de l'enveloppe globale. Au coût des travaux, s'ajoutent l'achat éventuel du terrain à bâtir ainsi que des frais annexes, administratifs et notariaux. Disposer de l'apport ne suffit pas. On doit aussi démontrer sa capacité à ne pas dépasser un taux d'endettement maximal de 30 %. Plus on peut se tenir éloigné de cette barre fatidique, mieux c'est. Être en bonne santé, de préférence dans la tranche des 20-40 ans et vivre en couple sont des avantages de taille.

Bétonner son dossier et le défendre avec conviction

Pas de prêt sans un dossier bien ficelé, complet et crédible. C'est-à-dire solidement argumenté, avec un état des dépenses poste par poste et l'assurance pour le prêteur que la construction sera menée à bien. Le candidat auto-constructeur doit convaincre son interlocuteur de ses compétences techniques et de son aptitude à gérer un chantier d'envergure. Se faire accompagner par un mouvement associatif comme les Castors, les Compagnons Bâtisseurs ou les Maisons Paysannes de France est un atout supplémentaire. Le prêteur voudra la garantie qu'en cas de défaut de remboursement, il pourra se rattraper sur la vente d'un bien immobilier d'une valeur suffisante. 

Créé après la seconde guerre mondiale, le mouvement Castors compte plusieurs dizaines de milliers d’adhérents répartis dans des fédérations régionales. Ses membres peuvent bénéficier de nombreux services techniques ou administratifs incluant achats à prix préférentiels, financements et assurances. © Association Les Castors de l’Ouest

Le prêt est enfin accordé. Ne pensez pas obtenir la totalité du montant d'un coup. La banque va débloquer les sommes au fur et à mesure des besoins du chantier. Le remboursement s'effectuera en deux phases : pendant les travaux et une fois la maison terminée. Une formule souvent proposée consiste à faire acquitter, dans un premier temps, uniquement des intérêts « intercalaires », calculés sur les sommes débloquées au cours des travaux. Cette apparente facilité cache un piège. Les intérêts intercalaires doublonnent avec ceux de la globalité du prêt, que l'on commence à rembourser à l'achèvement des travaux. Il est plus intéressant de pouvoir consacrer un prêt aidé aux dépenses liées à la première tranche de travaux et de compléter avec l'emprunt classique. 

L’attribution d’un prêt aidé (PTZ, CEL, PAS…) est soumise à conditions de ressources. S’agissant du prêt à taux zéro, le montant maximum varie de 20 à 40 % selon la zone de la construction. © C Com Crédit
  • Il existe plusieurs types de contrats d’assurance dommage-ouvrage à adapter à sa situation personnelle : auto-construction partielle, sans maîtrise d’œuvre… pour le gros œuvre uniquement et même le second œuvre.
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