Arriver à exploiter la puissance d’une intelligence artificielle à partir d’une simple clé USB va permettre de faire grandement évoluer les capacités de nombreux appareils électroniques. © Macro-vectors, Shutterstock

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Intel lance une intelligence artificielle sur clé USB pour moins de 100 euros

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Après avoir acquis la société Movidius, Intel lance la commercialisation de sa clé USB capable d'exécuter un réseau neuronal d'apprentissage profond pour des applications d'intelligence artificielle. Vendue 79 dollars, soit 68 euros, la Movidius Neural Compute Stick offre aux développeurs et aux chercheurs un outil abordable et économe en énergie pour créer des applications utilisant l'intelligence artificielle.

Il y a un peu plus d'un an, Movidius, une société spécialisée dans les processeurs dédiés à la modélisation 3D, présentait une clé USB capable de faire tourner une intelligence artificielle (IA) préalablement formée (voir article ci-dessous). De quoi permettre à des terminaux mobiles, des robots et d'autres appareils d'utiliser un réseau neuronal d'apprentissage profond sans avoir à se connecter à une plateforme en ligne. Le système implique, en prime, une économie d'énergie notable et la possibilité de développer de nouveaux usages.

Ce potentiel n'a pas échappé à Intel qui s'est porté acquéreur de Movidius en septembre dernier. Et voici que le fondeur relance la commercialisation de cette clé baptisée Movidius Neural Compute Stick (anciennement Fathom Neural Compute Stick) au tarif de 79 dollars (environ 68 euros au cours actuel). À l'époque, la clé Fathom était proposée à 99 dollars (85 euros au cours actuel).

La clé Movidius délivre une puissance de calcul de 100 gigaflops

Pour ce prix encore plus abordable, les développeurs et chercheurs disposent d'un outil puissant, compatible avec la plateforme d'intelligence artificielle open source Caffe, développée par l'université de Berkeley (États-Unis). La clé Movidius sait adapter un réseau neuronal convolutif entraîné via Caffe pour en faire une version optimisée pour le processeur Myriad 2. La Fathom était aussi compatible avec la plateforme d'IA TensorFlow de Google, ce qui ne semble plus être le cas.

Sous le capot, on retrouve le Myriad 2, un processeur basse consommation gravé en 600 nm et cadencé à 600 MHz. La mémoire embarquée passe de 1 à 4 Go en LPDDR3. Au final, la clé Movidius délivre une puissance de calcul de 100 gigaflops pour une consommation d'à peine 1 W. Le constructeur indique avoir testé une augmentation linéaire des performances pour une combinaison allant jusqu'à quatre clés et dit travailler sur des combinaisons à 6 et 8 clés.

Pour en savoir plus

Une clé USB pour exécuter un réseau neuronal

Article initial de Marc Zaffagni, paru le 4/05/2016

Movidius, la société qui développe les coprocesseurs de modélisation 3D du projet Tango de Google, vient de dévoiler une clé USB grâce à laquelle n'importe quel appareil compatible peut exécuter directement un réseau neuronal préalablement entraîné. Ceci ouvre la possibilité de doter des terminaux mobiles, drones, caméras vidéo et autres robots d'une intelligence intégrée et non plus hébergée en ligne.

Qu'il s'agisse de Watson d'IBM, de DeepMind de Google, de Facebook ou d'autres, les plateformes d'intelligences artificielles (IA) sont entraînées par des réseaux neuronaux multicouches qui ont besoin de beaucoup de puissance informatique pour fonctionner. La plupart du temps, ce sont des infrastructures de cloud computing qui hébergent l'IA et les terminaux qui l'utilisent viennent s'y connecter. C'est le cas, par exemple, des assistants vocaux Siri, Cortana et Google Now de nos smartphones.

L'un des enjeux actuels est de trouver le moyen de faire fonctionner une IA directement sur un terminal afin de pouvoir élargir le champ des applications. Il faut pour cela des processeurs embarqués capables d'offrir la puissance de calcul nécessaire sans toutefois vider la batterie en quelques minutes. Nous avons récemment parlé des travaux du Massachusetts Institute of Technology (MIT) portant sur le processeur Eyeriss, pour faire tourner des applications d'intelligence artificielle directement sur un smartphone. On sait également que Qualcomm et Nvidia ont développé leurs propres processeurs graphiques.

Il y a également Movidius, une société à laquelle Google s'est associé pour son projet Tango, qui a fait entrer la vision par ordinateur dans un téléphone pour la première fois. Cette entreprise basée en Californie (États-Unis) vient de franchir une nouvelle étape en dévoilant une solution capable de faire tourner une intelligence artificielle potentiellement sur n'importe quel appareil muni d'un port USB : caméras vidéo de surveillance, drones, casques de réalité virtuelle, robots, etc.

La clé USB Fathom renferme le processeur Myriad 2, conçu spécialement par Movidius pour faire tourner un réseau neuronal en consommant moins d'un watt. © Movidius

La clé USB Fathom et son processeur basse consommation Myriad 2

Baptisée Fathom Neural Compute Stick, il s'agit d'une clé USB sur laquelle peut s'exécuter un réseau neuronal qui aura été préalablement formé. Le cœur du système repose sur le processeur basse consommation Myriad 2, développé par Movidius, ainsi qu'une structure logicielle (framework) adossée à la clé Fathom. Celle-ci va permettre aux utilisateurs d'adapter leur réseau neuronal à un support mobile en optimisant son code pour qu'il fonctionne avec le Myriad 2.

Fathom est compatible avec les plateformes d'intelligence artificielle open source TensorFlow, de Google, et Caffe, développée par l'université de Berkeley (États-Unis). L'une comme l'autre met à disposition des chercheurs et des développeurs un outil d'apprentissage profond basé sur des neurones artificiels dont ils peuvent se servir pour développer leurs propres applications dans les domaines de la robotique, de la navigation autonome, de la reconnaissance d'images ou de langage, etc.

« Avec Fathom, un drone saura se poser seul en toute sécurité, la caméra dans votre maison verra que vous êtes endormi(e) et verrouillera la porte, les véhicules prendront des décisions plus rapidement. De manière générale, un grand nombre d'appareils seront plus conscients du monde qui les environne », explique Cormack Brick, responsable de l'intelligence artificielle chez Movidius.

Le Français Yan LeCun, qui dirige les travaux de Facebook en matière d'intelligence artificielle a lui-même salué cette innovation qu'il dit attendre depuis longtemps. « Avec Fathom, chaque robot, qu'il soit petit ou grand, peut désormais bénéficier de capacités visuelles de pointe », déclare-t-il dans le communiqué de presse de Movidius.

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