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Après sa victoire au jeu de go, l’IA de Google pense aux jeux vidéo

Lors du cinquième et dernier match de jeu de go qui s’est avéré très disputé, AlphaGo l’a finalement emporté face au champion sud-coréen Lee Sedol. Avec quatre victoires, le programme d’intelligence artificielle a démontré ses formidables capacités. Quel sera son prochain défi ? Peut-être se confronter à un jeu vidéo de stratégie comme StarCraft.

Maintenant qu’il a démontré les capacités de son intelligence artificielle au jeu de go, DeepMind pourrait se tourner vers un jeu vidéo de stratégie comme StarCraft pour améliorer sa faculté d’apprentissage. © Agsandrew, Shutterstock Maintenant qu’il a démontré les capacités de son intelligence artificielle au jeu de go, DeepMind pourrait se tourner vers un jeu vidéo de stratégie comme StarCraft pour améliorer sa faculté d’apprentissage. © Agsandrew, Shutterstock

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Quatrième victoire pour AlphaGo face à Lee Sedol. La dernière partie de ce tournoi de go mettant aux prises l’Homme et la machine a tenu ses promesses. Après la victoire de Lee Sedol lors du quatrième match, le rapport de force semblait plus équilibré. En effet, cet ultime affrontement qui s’est joué en 280 coups s’est avéré serré et très intense. AlphaGo a commis une erreur en début de partie mais il a réussi à redresser la situation. Les deux opposants n’ont rien lâché. Cependant, AlphaGo s’est octroyé un léger avantage aux points qui a conduit Lee Sedol à jeter l’éponge.

L’intelligence artificielle (IA) développée par la société britannique DeepMind (filiale de Google) s’est donc adjugé quatre victoires en cinq parties. Le prix d’un million de dollars qui était en jeu sera reversé à l’Unicef, des œuvres de charité et des associations de jeu de go. Lors de la conférence de presse d’après-match, Lee Sedol s’est dit ravi de cette expérience. Il a expliqué que, d’après lui, le plus grand avantage que possédait AlphaGo était d’ordre psychologique. Contrairement à un joueur humain, la machine n’est pas sujette aux émotions ; elle n’est pas impressionnée par les enjeux et son niveau de concentration n’est pas susceptible de varier au cours de la partie.

Le champion sud-coréen a estimé que la créativité et l’aspect psychologique sont deux domaines dans lesquels les humains ont une marge de progression qui peut leur laisser une chance de battre une intelligence artificielle au jeu de go. « Je ne pense pas qu’AlphaGo soit supérieure à moi. Je crois qu’un humain peut faire plus face à une intelligence artificielle, a commenté Lee Sedol. Ma défaite n’est pas une défaite de l’humanité. Cela a montré mes propres faiblesses, pas celles de l’humanité ».

Lee Sedol vient d’abandonner la partie dans le cinquième et dernier match qui l’opposait à l’intelligence artificielle AlphaGo. © DeepMind, YouTube
Lee Sedol vient d’abandonner la partie dans le cinquième et dernier match qui l’opposait à l’intelligence artificielle AlphaGo. © DeepMind, YouTube

AlphaGo pourrait jouer à StarCraft

Reste que la domination d’AlphaGo est sans appel et qu’elle a fait franchir un cap décisif à l’IA. Quelle sera la prochaine étape ? Interrogé à ce sujet, Demis Hassabis, le patron de DeepMind, a évoqué la possibilité d’organiser d’autres tournois de go contre des joueurs de haut niveau. Il pourrait s’agir de Ke Jie, un jeune prodige chinois de 18 ans qui est actuellement numéro 1 mondial. Il est également question de rendre AlphaGo disponible pour le grand public mais ce n’est pas tout…

Lors d’un entretien avec le site The Verge, Demis Hassabis a cité la possibilité d’organiser une confrontation Homme-machine autour du jeu vidéo StarCraft. Ce jeu de stratégie sorti en 1998 qui est l’une des références du genre pourrait représenter un défi peut-être encore plus complexe que celui qu’AlphaGo vient de relever.

En effet, le go est un jeu dit à information parfaite, où les joueurs ont une vision complète du jeu de l’adversaire sur le plateau. Dans un jeu comme StarCraft, chaque joueur développe sa stratégie offensive et défensive sans voir ce que fait l’adversaire. Il y a donc une part d’incertitude qui rend la prise de décision plus difficile et imprévisible. Il serait donc tout à fait intéressant d’observer comment une intelligence artificielle se comporterait dans ces conditions.

Pour Demis Hassabis, qui fut lui-même un développeur de jeux vidéo réputé, l’objectif n’est pas de faire « jouer » une IA juste pour relever des défis. « Bien que cela soit amusant et enthousiasmant, le but de DeepMind n’est pas juste de gagner à des jeux […] Il faut qu’ils soient utiles en tant que banc d’essai, une plateforme pour essayer nos algorithmes, tester jusqu’où ils peuvent aller ».

À terme, l’idée de DeepMind et de Google est bel et bien d’exploiter les capacités d’une intelligence artificielle dans divers domaines concrets. À plusieurs reprises, Demis Hassabis a cité la santé, la science, la robotique et les assistants virtuels pour smartphones comme les débouchés les plus évidents. « À l'heure actuelle, à peu près tous les assistants de smartphones sont préprogrammés et cela signifie qu'ils sont fragiles car ils ne peuvent faire que les choses pour lesquelles ils ont été préprogrammé ». Il pense que d’ici quatre à cinq ans, les assistants virtuels vont devenir beaucoup plus adaptatifs sous l’influence d’une IA qui apprendra en temps réel et saura mieux s’adapter à un contexte.

La science est un autre domaine dans lequel le fondateur de DeepMind voit beaucoup de promesses. « J’aimerais voir une science où une IA serait un assistant de recherche faisant tout le travail fastidieux de trouver des articles intéressants, d’identifier une structure dans une vaste quantité de données pour les faire remonter aux experts humains et aux scientifiques qui pourraient avancer plus rapidement ». Cependant, tout ceci va prendre encore beaucoup de temps avant d’aboutir. La victoire d’AlphaGo n’est pas un aboutissement pour l’intelligence artificielle, c'est plutôt un commencement.

À découvrir en vidéo autour de ce sujet :


Jean-Claude Heudin, directeur de l'IIM (institut de l'Internet et du multimédia) nous parle de sa vision du transhumanisme, du futur de l'intelligence artificielle et des robots durant cette série d'interviews réunies sous forme de playlist.


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