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Microsoft veut-il compter les spectateurs d'une vidéo ?

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Microsoft s'est vu attribuer un brevet portant sur une technologie de surveillance destinée à contrôler la diffusion de contenus audiovisuels. Le système repose sur une caméra qui compte ou identifie les personnes souhaitant visionner un film. Les distributeurs de contenus pourraient par exemple s'en servir pour limiter le nombre de personnes autorisées à regarder un film ou contrôler l'âge minimum requis.

Le capteur de détection de mouvements Kinect pourrait être utilisé dans le cadre de la technologie de surveillance décrite dans le brevet de Microsoft. Sa caméra intégrée servirait à identifier ou à dénombrer les utilisateurs qui consomment des contenus vidéo payants. © Microsoft

Les distributeurs de contenus en ont rêvé : Microsoft a inventé un moyen de contrôler la diffusion d’un film ou d'une série en surveillant la personne qui se trouve devant l'écran ! À la suite d'une demande déposée en avril 2011, Microsoft s'est vu octroyer un brevet (N° US20120278904) par le bureau américain des marques et des brevets (United States Patent and Trademark Office, USPTO) en date du 1er novembre 2012. La technologie est décrite comme « un système et une méthode de présentation de contenu permettant aux fournisseurs de réglementer la présentation de contenu sur la base du nombre de vues par utilisateur ».

Autrement dit, l'invention de Microsoft peut autoriser ou non la diffusion d'un film ou d'une série en surveillant les spectateurs. Le procédé repose sur une caméra vidéo intégrée ou connectée à un téléviseur, une tablette tactile, un smartphone, un ordinateur, un lecteur de CD-DVD-Blu-ray ou un boîtier TV. Lorsqu'une personne veut visionner un contenu, le système de contrôle de licence numérique ou DRM (digital rights management) active la caméra afin de vérifier si le client respecte les règles fixées.

Il peut s'agir du nombre de personnes autorisées à voir ce contenu, du nombre de fois où il peut être diffusé ou encore de l'identité du client. « Le contenu est distribué aux terminaux, tels que des télévisions, des set-top box et autres écrans numériques, avec une licence associée sur le nombre d'individus ou de spectateurs autorisés à consommer le contenu. La restriction peut porter sur le nombre de diffusions par utilisateur, sur une durée donnée, sur le nombre de spectateurs simultanés, sur l'identité, l'âge ou toute variation ou combinaison de ceux-ci », précise le brevet Microsoft.

Illustration de la technologie tirée du brevet déposé par Microsoft auprès de l’USPTO. Le géant américain imagine un téléviseur relié à un système de diffusion (N°616, un ordinateur, une console de jeu, un décodeur, etc.) et à une ou plusieurs caméras (20A, 20B) qui détectent les mouvements et surveillent l’utilisateur lorsqu’il consomme un contenu numérique payant (film, série télévisée). La paire de lunettes est un exemple de système d’affichage qui peut être utilisé dans le cadre d’applications de réalité augmentée. © Microsoft/USPTO

Surveillance permanente des spectateurs

Ce qui signifie concrètement que le système surveillera un usager pendant toute la durée de diffusion et pourra couper celle-ci si une infraction au DRM est constatée. Ce sera le cas si, par exemple, cinq spectateurs souhaitent regarder un film facturé pour n'être vu que par une personne. Le brevet prévoit aussi une fonction de reconnaissance faciale pour déterminer l'âge et l'identité d'une personne. Un moyen de faire respecter les restrictions sur l'âge selon les classifications en vigueur et de vérifier l'identité d'un abonné à un service télévisé payant ou de vidéo à la demande (VODvideo on demand).

Le système pourra fonctionner avec différents types de caméras et bien entendu le capteur Kinect de Microsoft. Il s'applique aussi bien à du contenu diffusé en streaming qu'à des fichiers téléchargés et stockés sur des supports physiques (CD, DVDBlu-ray, clé USB...) ou dématérialisés (mémoire flash, EEProm, mémoire morte, mémoire vive). Un Big Brother implacable et omniprésent... Reste qu'il ne s'agit que d'un brevet pour lequel Microsoft n'a pas fait part de ses intentions. S'il devait être appliqué tel quel, il ne manquerait pas de se heurter aux législations protégeant la confidentialité et... à la réticence des consommateurs.