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Le diamètre du Soleil reste incroyablement stable

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Une équipe de chercheurs de l'Université d'Hawaii a étudié les variations du diamètre solaire ces douze dernières années. Le résultat est surprenant : malgré l'agitation importante à sa surface, notre étoile reste impassible.

Avec SDO les astronomes peuvent désormais étudier en haute résolution les phénomènes magnétiques qui agitent le Soleil et suivre ses éventuelles fluctuations de diamètre avec une très grande précision. Crédit Nasa

"Le diamètre du Soleil est remarquablement constant. Cette constance est déroutante, étant donné les changements violents que nous observons quotidiennement sur le Soleil et les fluctuations enregistrées au cours d'un cycle solaire de 11 ans". Ainsi s'exprimait Jeff Kuhn au mois de juin dernier. Ce directeur adjoint de l'Institut d'Astronomie de l'Université d'Hawaii venait présenter les résultats de 12 ans de mesures du diamètre solaire par le satellite Soho (pour Solar and Heliospheric Observatory). Le diamètre du Soleil, de 1.500.000 kilomètres, a varié de moins d'un kilomètre sur un peu plus d'une décennie, ce qui est dérisoire.

Le Soleil, un astre bienfaiteur pour les Terriens. Crédit J-B Feldmann

Le Soleil, un faux calme

Pour beaucoup d'entre nous le Soleil se résume à une source de lumière et de chaleur bienfaisante qui nous accompagne au quotidien. Mais ce luminaire vénéré sur toutes les plages du monde est loin d'être aussi calme qu'il n'y paraît. Il connaît des sautes d'humeur sous forme de taches et de protubérances. Les taches, ce sont ces régions de la surface un peu moins chaudes qui trahissent une intense activité magnétique et suivent un cycle d'environ 11 ans. Les protubérances sont aussi liées à l'activité magnétique : composés de plasma et d'hydrogène, ces jets de matière se développent dans la couronne solaire. Certains d'entre eux sont particulièrement violents : ce sont les CME (pour Coronal Mass Ejection), d'immenses phénomènes éruptifs qui atteignent la Terre au bout de quelques jours en y déclenchant des orages magnétiques. Ces derniers se manifestent par de superbes aurores polaires...et par des dommages qu'ils causent sur les installations électriques et électroniques. Les satellites sont les premiers à en faire les frais, à l'image de Galaxy 15, devenu incontrôlable au mois de mai.

En plus de mesurer avec précision le diamètre du Soleil, Soho en fournit des images dans différentes longueurs d'onde. Ici notre étoile est observée dans l'ultraviolet à 171 angströms, montrant le comportement de la matière à 1 million de degrés Kelvin. Crédit Esa/Nasa

Mieux prévoir la météo solaire

Les résultats de l'étude présentée par Jeff Kuhn sont venus rappeler que nous avons encore beaucoup à apprendre sur le Soleil, une condition indispensable pour comprendre l'influence qu'il a sur le climat terrestre. Les astronomes attendent donc avec impatience la nouvelle génération d'instruments qui permettront d'observer notre étoile à très haute résolution. C'est en effet le seul moyen pour déceler ce qui précède les éruptions solaires, en l'occurrence de petites modifications de la surface, premiers signes d'une activité magnétique anormale.

La mission SDO (pour Solar Dynamics Observatory) est opérationnelle depuis quelques mois ; elle devrait fournir des observations d'une qualité inégalée et permettre de mesurer encore plus précisément les variations de taille du Soleil. Mais l'astronomie solaire se pratique également au sol. Si des observatoires comme le NST (pour New Solar Telescope) fournissent des données quotidiennes, les astronomes comptent beaucoup sur le ATST (pour Advanced Technology Solar Telescope) qui devrait entrer en service à Hawaii en 2017. Des instruments de plus en plus performants qui permettront peut-être de comprendre comment naissent et se développent des phénomènes énergétiques aussi violents sur une étoile aussi stable.