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Les Chinois veulent la Lune en 2012

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C'est le quotidien Beijing News qui l'affirme, mais aussi la télévision publique chinoise : la Chine veut prendre position sur la Lune, et cela très rapidement.

Images renvoyées par la sonde chinoise Chang'e-1. Crédit agance spatiale chinoise

Après avoir littéralement volé de succès en succès dans leur programme de vols habités où ils semblent maintenant disposer de la technologie nécessaire à l'élaboration d'une station spatiale, puis dans leur programme lunaire avec la récente mission Chang'e-1, les Chinois ne dissimulent plus leur ambition de mettre le pied sur la Lune. Et durablement.

Les observateurs qui avaient pu penser que la Chine orienterait toutes ses ambitions dans la construction d'une station habitée en orbite en sont pour leurs frais. Car si sa réalité ne fait plus aucun doute dans un futur relativement proche, la Lune n'est pas délaissée pour autant. La sonde Chang'e-1, qui a terminé sa mission de cartographie et de reconnaissance lunaire il y a un mois, sera bientôt suivie par d'autres engins, avec une progression dans la complexité qui évoque irrésistiblement l'évolution des missions habitées.

Le lancement de la mission Chang'e-1. Crédit agance spatiale chinoise

Chang'e-2 avait déjà été évoqué et son lancement devrait intervenir en 2010 au plus tard. Outre une reconnaissance géographique de notre satellite, celle-ci devrait aider à déterminer la zone d'atterrissage de l'engin suivant, dont on ne connaît pas encore le nom, et dont le lancement est annoncé pour 2012. Une date logique, dont la progression régulière évoque là aussi les deux années qui séparent habituellement les vols des missions habitées...

Selon les organes de presse en relation étroite avec les autorités chinoises, et dont la précision des annonces concernant les différentes missions habitées n'avait pas été prise en défaut, cette sonde comporterait une plate-forme d'atterrissage mobile capable de se déplacer à la surface de notre satellite naturel. Mais bien plus qu'un simple robot d'exploration, il s'agirait là aussi de préparer l'étape suivante, qui consisterait à envoyer, dès 2017, une nouvelle catégories d'engins équipés d'un étage de remontée permettant la récuparation d'échantillons lunaires.

L'étape ultime se prépare déjà

Le but de l'opération est de déterminer, avec une précision difficilement envisageable par des moyens exclusivement automatiques, la potentialité de l'exploitation des ressources de la régolithe lunaire. L'objectif de la mission est de préparer, et c'est Long Lehao, un des hauts dignitaires du programme spatial qui l'annonce, l'arrivée des premiers Chinois sur la Lune à l'horizon 2020.

La date peut surprendre, car si plus personne ne doute de l'avancée chinoise en matière de progrès scientifique, on garde aussi à l'esprit la prudence de leurs annonces, marquées de la préoccupation de ne pas promettre l'impossible. Il ne s'agit plus, comme jadis, d'impressionner un adversaire engagé dans la guerre froide, mais bien de démontrer un savoir-faire. Ce qui rend un faux pas difficilement pardonnable.

Les Américains, de leur côté, ont-ils pressenti cette date avant l'annonce chinoise ? On ne peut écarter cette hypothèse, sachant que le programme de retour à la Lune promu par le Président Bush, soutenu par son successeur Barack Obama, prévoit un premier atterrissage en 2018. Kennedy avait déclaré à plusieurs reprises qu'il ne pourrait jamais s'endormir à la lueur d'une Lune communiste. Il doit y avoir là une sorte d'héritage dans l'esprit...

Pour la suite, les Chinois prévoient une suite d'opérations sur la Lune assez courtes, de type Apollo, dont la durée s'allongerait progressivement pour aboutir à l'établissement d'une véritable base lunaire. Un plan que l'on ne peut prétendre inspiré du programme américain : c'en est, en réalité, la parfaite réplique.