Test subaquatique du modèle d’essai en impesanteur du bras Era, exécuté avec la participation de l’astronaute néerlandais de l’Esa, André Kuipers, au centre Gagarine d’entraînement des cosmonautes, près de Moscou. © Esa

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Le bras robotique européen Era attend son départ pour l'ISS

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Prévu en 2007, le lancement du laboratoire multifonction russe Nauka (MLM) a été plusieurs fois reporté et vient d'être repoussé à 2013. Il sera équipé du bras robotique Era de l'Agence spatiale européenne qui, lui, est prêt depuis de longues années. Philippe Schoonejans, chef de projet Era, explique à Futura-Sciences les fonctions assignées à cette belle mécanique... très attendue.

L'annonce russe de reporter encore le lancement du module Nauka, sur lequel doit être fixé Era (European Robotic Arm), contraint une nouvelle fois l'Agence spatiale européenne à prendre son mal en patience. Comme le confie Philippe Schoonejans (chef du projet Era) à Futura-Sciences, « cela fait bien longtemps que le bras robotique Era est prêt à être lancé ».

Ce bras est une des trois contributions majeures de la participation européenne à la construction de la Station spatiale internationale. Ce programme a été officiellement lancé en novembre 1995 et sa construction terminée fin 2004. Depuis 2008, il se trouve en Russie. Initialement, le programme prévoyait de lancer par une navette spatiale puis, en raison des circonstances, la décision a été prise de l'envoyer en novembre 2007 à bord d'un Proton avec le module MLM. Depuis, le lancement a été reporté à plusieurs reprises pour finalement être fixé au 10 décembre 2013.

D'une longueur de plus de 11 m et d'une masse de 630 kg, Era sera capable de déplacer des charges utiles d'environ 8 tonnes. © P. Schoonejans, Esa

Roscosmos ayant précisé son nouveau calendrier, « nous allons préparer Era en fonction de cette nouvelle date de lancement ». Concrètement, l'intégration sur le module russe est maintenant prévue en août 2013 et l'ensemble, c'est-à-dire Era adossé au Nauka, sera transféré peu de temps après sur le site de Baïkonour, au Kazakhstan.

Pour Philippe Schoonejans, ce « report n'a pas d'impact sur le bras lui-même ». Il est actuellement entreposé dans des « conditions qui évitent toute dégradation susceptible d'endommager ses composants ». Ce report va néanmoins occasionner un surcoût car certaines activités industrielles « vont être réparties sur une période plus longue ». On citera en exemple celles liées à la « conformité des logiciels avec les ordinateurs du module Nauka », à la préparation du lancement ou encore celle qui consiste à s'assurer de la qualification du bras Era pour un envoi par un Proton russe « alors qu'il a été qualifié à l'origine pour un lancement à bord d'une navette spatiale américaine ».

Le segment russe de l’ISS a besoin d'Era

Malgré son arrivée tardive à bord de la Station spatiale internationale, le bras Era doit « s'attendre à une activité soutenue car le bras robotique Canadarm2, fourni par le Canada, ne couvre pas la totalité du segment russe de l'ISS ».

Le bras robotique Era facilitera le travail des astronautes à bord de l'ISS. Il sera capable d'effectuer des tâches auparavant dévolues aux Hommes, comme sortir du sas du matériel, ou des expériences pour les entreposer à l'extérieur de la station. © D. Ducros, Esa

Dès son arrivée, Era sera utilisé en priorité pour terminer la mise en place de Nauka. Ainsi, il « installera les panneaux dissipateurs de chaleur du module », plus communément appelés radiateurs, et les équipements du sas de sortie afin de limiter les sorties dans l'espace pour l'équipage. Le bras Era a été conçu pour travailler avec le sas russe, de sorte que « les astronautes n'ont donc plus à s'aventurer à l'extérieur de la Station spatiale pour poser certaines pièces matérielles. À l'aide de caméras vidéo, le bras peut effectuer des contrôles à l'extérieur de la Station, il peut déplacer des expériences et fournitures ou même servir de grue pour les astronautes ».

Pour finir, il installera la plateforme de travail sur laquelle prendront place les membres d'équipage. Celle-ci s'accroche à l'extrémité du bras et « permet aux astronautes de s'y installer en position debout pour travailler ou être transportés ». Tous ces éléments sont déjà à bord de l'ISS, stockés sur le module russe Rassvet (MRM-1).