Une étude menée par des chercheurs de l'Unité Inserm 569 « Epidémiologie, démographie et sciences sociales » en collaboration avec le CHU de Clermont-Ferrand montre que les grossesses extra-utérines ont augmenté de 17% entre 1992 et 2002 chez les femmes n'utilisant pas de contraception. Cette augmentation inattendue et préoccupante s'explique par une fréquence plus élevée des infections sexuellement transmissibles et par une augmentation de la consommation du tabac, deux principaux facteurs de risque de grossesses extra-utérines.

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    (crédit : alertamedico.com.br)

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    La grossesse extra-utérine (GEU) se caractérise par l'implantation de l'œuf fécondé en dehors de la cavité utérine, majoritairement dans les trompes mais quelquefois aussi sur les ovaires ou dans l'abdomen. Les GEU sont fréquentes (2 pour 100 naissances), et peuvent être mortelles. Elles ont un retentissement sur la fertilité ultérieure des femmes concernées. Surveiller l'évolution de leur incidence est donc essentiel en terme de santé publique.

    Afin de préciser les évolutions de ces grossesses dans la population française, les chercheurs de l'Inserm ont réalisé une étude à partir du registre des GEU établi dans 3 départements de,la région Auvergne (totalisant 750 000 habitants). Ce registre, mis en place en 1992, recense tous les cas régionaux de GEU chez les femmes âgées de 15 à 44 ans (environ 200 par an).

    L'équipe a montré qu'il fallait distinguer deux types de GEU : celles qui surviennent chez des femmes en "échec de contraceptioncontraception" (généralement des femmes qui utilisent le stériletstérilet), et celles -près de trois-quarts des cas- qui surviennent chez des femmes qui n'utilisent pas de contraception (représentant donc des « échecs reproductifs »).

    Pour chacune des femmes incluses dans cette étude, les fréquences d'exposition aux deux principaux facteurs de risquefacteurs de risque de GEU - le tabac et les infections à chlamydiae (une infection sexuellement transmissibleinfection sexuellement transmissible) qui expliquent chacun un quart des cas - ont été estimées, et leurs méthodes de contraception relevées.

    L'étude a permis de montrer que l'incidence des GEU a évolué de façon différente selon leur type. En effet, si les résultats montrent que l'incidence des GEU est stable entre 1992 et 2002, cette stabilité occulte néanmoins d'importantes différences en fonction du type de GEU.

    Les GEU qui correspondent à un "échec contraceptif" ont connu une diminution de 29%, alors que les GEU qui correspondent à un "échec reproductif" ont augmenté de 17% surtout depuis 1997 (+53,7% dans la tranche d'âge 30-34 ans). Cette augmentation s'explique, selon les auteurs, par l'augmentation de l'incidence des infections à chlamydiae trachomatis (infections sexuellement transmissibles) observée entre 1998 et 2002 et par une hausse de l'incidence du tabagisme chez les femmes en âge de procréer..

    En conclusion, les auteurs de l'Inserm estiment notamment que « davantage d'efforts pour sensibiliser ces femmes aux effets néfastes du tabac sur la reproduction sont nécessaires ». Ils soulignent également la nécessité d'examiner la préventionprévention possible de ces grossesses, dont les conséquences sur la fertilité de ces femmes, peuvent être graves.