Santé

Le premier cas autochtone de dengue en France métropolitaine

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Un cas de dengue « autochtone » a été détecté en Métropole. S'il s'agit du premier cas européen de contamination sur le territoire, les autorités affirment que le risque d'une épidémie est limité mais ne peut pas être exclu.

Le moustique tigre (Aedes albopictus) est responsable du premier cas de dengue autochtone détecté en France métropolitaine. Crédits DR
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Après les Antilles françaises, la Métropole est elle aussi frappée par un cas « autochtone » de la dengue. D'après le Ministère de la santé, un habitant de Nice dans les Alpes-Maritimes a été infecté par le moustique vecteur du virus dans la région. Aujourd'hui guéri et en bonne santé, le patient est le tout premier cas du genre en France métropolitaine, mais aussi le premier en Europe. Les autres cas signalés sur le territoire étaient des personnes qui avaient séjourné dans les régions du monde où la dengue circule, puis avaient déclaré la maladie à leur retour en France après la période d'incubation.

D'après l'Institut de veille sanitaire (INVS), un cas suspect de dengue est défini par la présence d'une fièvre brutale supérieure à 38,5°C accompagnée de douleurs (maux de tête, douleurs articulaires ou musculaires...). Les cas suspects sont ensuite soumis à des analyses biologiques pour confirmer l'infection. Si la majorité des malades s'en sortent spontanément, il existe des formes rares mais sévères (choc ou hémorragique) qui peuvent être mortelles. Aujourd'hui, seuls les symptômes de la maladie peuvent être traités car il n'existe aucun médicament ni aucun vaccin spécifique de la dengue.

Alors faut-il avoir peur d'une épidémie dans le sud de la France ? Il est vrai que le moustique tigre (Aedes albopictus), un des vecteurs du virus (avec l'espèce Aedes aegypti) est présent dans ces régions depuis quelques années. D'abord détecté pour la première fois dans les Alpes-Maritimes en 2004, il a progressivement colonisé le Var et les Bouches-du-Rhône, et a même été retrouvé à Marseille au début de cet été.

Les mesures à prendre pour éviter une épidémie en France. © Ministère de la santé et l'INPES

Des mesures de sécurité renforcées

Mais le moustique seul ne suffit pas à transmettre la maladie. Il faut aussi qu'il soit lui-même infecté par le virus de la dengue. Cela se produit lorsqu'il prélève du sang sur une personne porteuse du virus. Dans ce cas précis, il devait s'agir d'une personne revenant de voyage. Le moustique infecté au cours de la prise du repas de sang a ensuite transmis la maladie en piquant la victime lors d'un autre repas de sang.

Pour éviter toute nouvelle contamination, ce patient comme tous les autres cas importés et avérés de la maladie doivent absolument éviter de se faire piquer. Porter des vêtements amples, démoustiquer les alentours et éviter les points d'eau stagnante où les larves de moustiques peuvent se développer sont les principales mesures de sécurité avancées par le Ministère de la santé.

Les précautions mises en œuvre n'ont pourtant pas suffi à éviter cette contamination. Toutefois, « le risque de développement d'une d'épidémie est considéré comme limité mais ne peut être exclu » toujours d'après le Ministère de la santé. Comme le prévoit le niveau 2 (sur 5) du plan national anti-dissémination de la dengue en Métropole assuré par la Direction générale de la santé, les mesures de surveillance épidémiologique et entomologique vont être renforcées par les autorités.