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Pourquoi y a-t-il des giboulées au printemps ?

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On parle des giboulées de printemps, ou plutôt des giboulées de mars, en référence aux violentes averses qui surviennent soudainement durant ce mois. Mais pourquoi n'y a-t-il des giboulées qu'en cette saison ? Parce que c'est une période durant laquelle l'atmosphère subit d'importantes modifications thermiques verticales.

Un exemple de giboulée neigeuse survenue dans le Devon en Angleterre le 31 mars 2010. Les giboulées de printemps résultent d’instabilités météorologiques. © Smalljim, Wikipédia, cc by sa 3.0

En France, le mois de mars est bien souvent synonyme d'instabilités météorologiques. Le temps oscille entre des journées relativement clémentes et des averses brutales, qui peuvent être de pluie, de neige ou parfois même de glace (la grêle). Ce changement de temps soudain qualifie les giboulées de mars, il est la démonstration du changement de saison. L'hiver laisse place au printemps, mais de façon non linéaire.

Les giboulées de mars, un festival de nuages cumuliformes

En mars donc, l'atmosphère est instable en raison de l'augmentation du rayonnement solaire. Lorsqu'on passe de l'hiver au printemps dans l'hémisphère nord, l'Europe reçoit de plus en plus d'énergie solaire. Elle réchauffe d'abord les basses couches de l'atmosphère, provoquant une instabilité thermique avec la haute troposphère qui reste froide. L'importante variation de température provoque une ascension de l'air chaud et humide, et des nuages cumuliformes peuvent se former rapidement. Ce type de nuages, au développement vertical, entraîne la subsidence d'air froid qui apporte les précipitations.

Les nuages cumuliformes sont des nuages convectifs. La circulation de l'air y est complexe, mais elle est pilotée par l'ascendance d'un courant chaud et humide qui se condense en altitude. Ce changement de phase libère de la chaleur latente, qui amplifie l'ascension de l'air. Les courants descendants occupent la majeure partie du nuage, et apportent les précipitations, liquides ou solides. Peu à peu durant le printemps, les couches supérieures de la troposphère se réchauffent et stabilisent l'atmosphère.