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Des rivières inconnues découvertes sous les glaciers de l'Antarctique

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Dans les années 60, les systèmes radar de satellites et d'avions avaient révélé la présence de nombreux lacs sous les glaciers de l'Antarctique, à plusieurs centaines de mètres de profondeur. Les scientifiques pensaient jusque là que ces laboratoires biologiques étaient isolés et abritaient peut-être des formes de vie originales, subsistant dans des conditions extrêmes.

Des centaines, voire des milliers de lacs, courent sous l'Antarctique. Des rivières aussi... (Crédits : IPEV)

Dans une lettre adressée à la revue Nature, une équipe de chercheurs britanniques remet ce fait en question, et annonce avoir mis au jour un réseau de rivières reliant les différentes étendues d'eau. Selon eux, certaines liaisons sub-glaciaires seraient aussi larges que la Tamise !

Des chercheurs ont découvert des rivières secrètes sous la glace de l'Antarctique !

Des lacs sub-glaciaires qui intriguent et passionnent

Au début, on croyait la présence d'eau liquide sous les glaciers de l'Antarctique impossible : il y faisait trop froid. Dans les années 60, les images radar avaient prouvé le contraire, et montré qu'au moins 150 lacs se dessinaient dans les profondeurs. Le plus grand d'entre eux, avec 250 kilomètres de long et 40 kilomètres de large : le lac Vostok ; on lui attribue volontiers un âge compris entre 15 et 20 millions d'années.

Depuis la découverte de ces lacs sub-glaciaires, nombre de scientifiques nourrissaient l'espoir de forer la glace, de prélever des échantillons d'eau, et d'y trouver des formes de vie. En effet, si ces étendues étaient isolées - comme on le pensait jusque là - et avaient évolué indépendamment l'une de l'autre, à l'abri de l'atmosphère, qui sait ce qu'on aurait pu y trouver ? Des formes de vie subsistant dans des conditions extrêmes, conditions semblables à celles régnant dans l'océan glacé d'Europa ?

Des rivières larges comme la Tamise…

Les recherches les plus récentes ont été menées par des scientifiques du Nerc (Natural Environment Research Council), qui ont balayé l'Antarctique à l'aide du satellite ERS-2 de l'ESA. Les analyses ont révélé des variations dans la hauteur de glace, par rapport aux précédentes cartographies, qui ne pouvaient correspondre qu'à des mouvements d'eau, et donc à un système de connexions : « Découvrir qu'une section entière de 30 kilomètres sur 10 kilomètres s'était déplacée à la verticale était une surprise de taille. La seule explication possible était une circulation d'eau. » explique le professeur Wingham.

Les chercheurs britanniques supposent que, régulièrement, des masses d'eau se déplacent d'un lac à l'autre, en empruntant des rivières qui peuvent atteindre la taille de la Tamise. En temps normal, ces mouvements sont modérés mais, lorsqu'un lac est sous pression, il peut sauter comme un bouchon et engendrer des inondations sub-glaciaires qui se déplacent sur des kilomètres.

Ainsi, les différents lacs qui courent sous les glaciers de l'Antarctique ne sont pas si isolés qu'on le pensait, et prélever des échantillons pourrait voir la contamination de l'ensemble du réseau. Enfin, il est possible que, par le passé, certains de ces lacs se soient déversés dans l'océan...