L'iceberg ne serait pas la seule cause du naufrage du Titanic. Ici, photographie du Titanic extraite du film Titanic : The New Evidence. © Channel 4

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Titanic : l'iceberg ne serait pas la seule cause du naufrage

ActualitéClassé sous :océanographie , physique , Astronomie

Par Xavier Demeersman, Futura

Le Titanic a été coulé par un iceberg qui a éventré sa coque, c'est connu. Cependant, dans un documentaire récemment diffusé en Grande-Bretagne, le journaliste et expert Senan Molony revient sur cette tragédie. Pour lui, preuves à l'appui, la glace n'est pas la seule cause : il y avait aussi un incendie à bord...

Nouveaux rebondissements dans l'affaire du naufrage du Titanic : dans le film documentaire Titanic : The New Evidence (diffusé sur la chaîne de télévision britannique Channel 4, le 1er janvier 2017), le journaliste irlandais Senan Molony, passionné par le célèbre paquebot, expose son hypothèse, fruit de trente années de recherches sur cette catastrophe historique. L'évènement, rappelons-le, s'est produit il y a plus d'un siècle, dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, et fit 1.500 victimes en moins de trois heures.

Selon lui, l'iceberg qui a transpercé la coque n'est pas l'unique cause qui a envoyé ce navire flambant neuf à plus de 3.800 m de profondeur dans l'océan Atlantique Nord. Neuf, le Titanic semblait l'être à son départ de Southampton le 10 avril 1912 à destination de New York. Certes, mais dans un album de photos inédit qui n'avait pas été ouvert depuis cent ans, on découvre, sur la partie droite de la coque du navire, des traces noires ainsi qu'une distorsion, justement à l'endroit où l'iceberg a perforé le bateau quelques jours plus tard. En s'appuyant sur ces photos, l'expert affirme que le navire a été fragilisé par un incendie. Pour lui, le Titanic n'aurait jamais dû quitter le port.

Illustration du naufrage du Titanic. © Willy Stöwer, Wikimedia Commons

Un incendie qui couvait depuis plusieurs semaines

Les indices s'accumulent suggérant qu'un feu de charbon s'était déclaré au niveau de la chaufferie, à l'intérieur du paquebot de 269 m de long. Elle se situait au même endroit que les taches sombres. Pour le journaliste, le feu se serait même déclaré alors que le bateau était encore à Belfast, où il a été construit.

Selon les documents et témoignages, les pompiers n'auraient pas réussi à le circonscrire et il aurait été demandé au personnel de minimiser le problème et de le cacher aux 2.500 passagers qui embarquaient (le paquebot a accosté par l'autre flan).

« Des scientifiques m'ont expliqué que le feu a dû brûler pendant plusieurs semaines et atteindre une température d'au moins 1.000 degrés pour créer une telle déformation », commente Senan Molony. Cela aurait affaibli l'acier, lui faisant perdre 75 % de sa résistance, selon un spécialiste en métallurgie qu'il a interrogé.

« Ce naufrage n'est pas l'histoire d'une simple collision entre un paquebot et un iceberg, a résumé le journaliste à The Independant. C'est l'addition de facteurs extraordinaires : le feu, la glace et la négligence ». Selon lui, le risque de prendre la mer malgré cet incendie à bord a été dicté par la volonté de la compagnie maritime et des autorités. Il ne fallait pas donner l'impression que « la Grande-Bretagne n'était plus maîtresse de la mer ! »

Pour en savoir plus

Illusion d'optique, superlune : de nouvelles théories pour expliquer le naufrage du Titanic

Article publié par Quentin Mauguit le 08/03/2012

À l'aube du centième anniversaire du naufrage du Titanic, de nouvelles théories voient le jour pour expliquer ce désastre. L'équipage de veille n'aurait pas vu l'iceberg à cause d'une illusion d'optique : un mirage supérieur. Ce même phénomène aurait induit en erreur le capitaine du Californian, un bateau naviguant à proximité et n'ayant pas porté secours aux naufragés. Enfin, la présence d'icebergs dans l'Atlantique la nuit du drame aurait été causée par une super Pleine Lune.

Le tristement célèbre naufrage du Titanic s'approche de son 100e anniversaire. Ce paquebot transatlantique fut le plus grand jamais construit à son époque (269 mètres de long). Sa coque était divisée en seize compartiments étanches permettant d'isoler les avaries les plus graves. Malheureusement, cette innovation se révéla inefficace lors du voyage inaugural du navire

Le 15 avril 1912, alors qu'il fait route vers l'Amérique, le Titanic heurte un iceberg au large de Terre-Neuve. Il coule quelques heures plus tard, vers 2 h 00 du matin. Environ 1.500 personnes sont mortes. En cause : des procédures d'urgence déficientes et un manque de canots de sauvetage. 

Cet anniversaire pousse des chercheurs à publier de nouvelles informations sur les causes et les circonstances probables du naufrage. Pourquoi l'équipe de veille du RMS Titanic n'a-t-elle pas vu l'iceberg à temps ? Pourquoi le SS Californian, naviguant à proximité du site de la catastrophe, ne lui a-t-il pas porté secours ? Et d'où provenaient les glaces ?

Les deux premières réponses sont fournies dans un ouvrage à paraître écrit par Tim Maltin, un historien britannique, et présenté dans le magazine Smithsonian. La troisième réponse est proposée par Donald Olson, un astronome américain.

Le voyage inaugural du RMS Titanic, propriété de la White Star Line, a commencé au port de Southampton le 10 avril 1912. © F.G.O. Stuart, Wikimedia commons

Un mirage supérieur fatal pour le Titanic

L'équipage du Titanic pourrait avoir été victime d'une illusion d’optique liée à la réfraction de la lumière : un mirage supérieur. Ce phénomène fut mentionné une première fois dans un rapport gouvernemental britannique publié en 1992, sans aucune suite. Pour combler cette lacune, Tim Maltin a rassemblé des données météorologiques de l'époque, des témoignages de passagers et surtout, il a lu le livre de bord du navire. Voici ses explications.

La nuit du naufrage, le paquebot a effectué une transition entre les eaux chaudes du Gulf Stream et les eaux froides du courant du Labrador. Or, ces deux masses d'eau influencent directement la température de l'air les surplombant. À la limite entre les deux courants océaniques, une importante inversion thermique se serait produite dans l'atmosphère. L'air refroidi par le Labrador serait resté sous de l'air plus chaud. Ce phénomène se traduit par une très grande pression atmosphérique empêchant toute apparition de brouillard.

Une inversion thermique réfracte anormalement la lumière, donnant naissance à des mirages dits supérieurs. La position apparente des objets est alors faussée ; ils apparaissent plus proches et plus hauts sur l'horizon. De plus, la position de ce dernier est également corrompue. L'équipe de veille observait donc un horizon illusoire. Malheureusement pour eux, la silhouette d'un iceberg serait alors passée inaperçue, masquée par l'illusion d'optique, d'autant plus qu'il n'y avait pas de Lune pour accroître les contrastes. Voilà pourquoi les marins de veille auraient vu l'iceberg alors qu'il était à moins d'un mille du navire (soit moins de 1,85 km), trop tard pour éviter l'impact.

Le SS Californian a-t-il manqué à ses devoirs ?

Toujours selon Tim Meltin, le navire américain a bien prévenu le Titanic de la présence de nombreux icebergs dans son voisinage. Il aurait également vu le funeste paquebot peu de temps avant et après la collision. Une fois encore, le phénomène du mirage a faussé les données. Le capitaine Stanley Lord ne pensait pas observer le Titanic car ce navire lui est apparu trop proche et trop petit. De fait, un mirage modifie la position apparente d'un objet, pas sa taille !

Des signaux lumineux ont bien été échangés en morse entre les deux navires, y compris après l'impact. Les perturbations atmosphériques les auraient cependant déformés, les rendant incompréhensibles pour les équipages.

Le navire endommagé a également tiré des fusées de détresse à 180 mètres de haut. L'illusion d'optique les a fait apparaître beaucoup trop basses aux yeux du commandant du SS Californian. Face à tant de bizarreries et aucune preuve concrète du problème, celui-ci aurait donc décidé de poursuivre sa route, laissant le Titanic seul face à son triste sort.

Le SS Californian était un cargo transatlantique pouvant embarquer 55 personnes. Il mesurait 136 mètres de long. Il a été torpillé le 9 novembre 1915. Son comportement la nuit du naufrage du Titanic a divisé l'opinion publique durant de nombreuses années. La carrière du capitaine Stanley Lord fut néanmoins brisée. © U.S. Naval Historical Center photograph, DP

La Lune responsable de la présence de l’iceberg ?

Le printemps 1912 fut considéré comme une mauvaise époque pour les marins suite à l'importante présence d'icebergs dérivant au gré des courants. Un siècle après, Donald Olson de l'université d'État du Texas, donne une explication astronomique à cette quantité anormale.

Suite à leurs tailles imposantes, des icebergs peuvent rester coincés dans des eaux peu profondes. Une montée du niveau des mers un peu plus importante que la normale peut alors les libérer. Une marée exceptionnellement haute, ayant débloqué les glaces fatales au Titanic, se serait produite entre Terre-Neuve et le Labrador trois mois et demi avant le naufrage. Mais comment expliquer cette montée importante des eaux ?

Les marées sont causées par les effets conjugués des forces de gravitation de la Lune et du Soleil. Or, ces astres étaient tous les deux exceptionnellement proches de la Terre. Le 4 janvier 1912, la Lune était à son périgée et notre planète à son périhélie. Les distances séparant la Terre de ces deux corps célestes étaient à leur minimum, maximisant leurs effets sur les mouvements d'eaux. La distance Terre-Lune a même rarement été aussi faible que ce jour-là, comme on peut le constater dans un article de la SAF (Société astronomique de France) discutant de l'effet de la distance Terre-Lune sur sa luminosité apparente. Une situation similaire s'était déjà produire en 796 et devrait seulement se reproduire en 2257 ! Un facteur supplémentaire amplifia le phénomène : la Lune était pleine, et donc située sur l'alignement Terre-Soleil, de l'autre côté de notre planète. Les forts marnages étaient donc ceux de marées de vives-eaux.

Cette explication ne rassemble pas tous les astronomes. Plusieurs d'entre eux estiment en effet que les marées du 4 janvier 1912 étaient loin d'être exceptionnelles. Quoi qu'il en soit, le funeste destin du Titanic suscite toujours autant de curiosité. Les prochaines semaines pourraient voir d'autres théories apparaître...

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