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Nouvelle Liste rouge des espèces menacées : la biodiversité mal en point

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Publiée tous les quatre ans, la Liste rouge de l'UICN est devenue une référence. Le bilan de son édition 2009, qui vient d'être présentée, n'est pas bon et confirme la tendance, avec, notamment, près d'un quart des mammifères et un huitième des oiseaux en danger.

Le rapport 2009, Wildlife in a Changing World (La vie sauvage dans un monde en mutation). Voir les liens au bas de cet article. © UICN

L'UICN (Union mondiale pour la conservation de la nature) suit avec rigueur les populations de 44.838 espèces animales et végétales sauvages sur l'ensemble de la planète, et formant la Liste rouge. Comme le souligne l'UICN, ce nombre ne représente que 2,7% des quelque 1,8 million d'espèces actuellement connues (le nombre réel, tout à fait inconnu, est vaguement estimé à 50 millions, peut-être deux fois plus). La proportion d'espèces ainsi suivies est faible mais les outils de mesure de la biodiversité mondiale ne sont pas si nombreux.

Ces populations sont suivies régulièrement et la Liste rouge mise à jour à peu près chaque année. Tous les quatre ans, l'UICN publie un état des lieux, présentant les recensements de populations par groupes d'espèces, par régions géographiques et par type d'habitats (marin, eau douce, terrestre). Elles sont ensuite réparties dans sept catégories, de « Les moins concernées » à « Eteintes dans la nature ».

Au fil des années, ce travail est devenu une référence et est considéré comme un bon indicateur, au moins de la tendance générale.

Celle-ci est claire. En 2002, la communauté internationale (plus précisément les nations adhérentes à la Convention pour la diversité biologique) s'était engagée sur l'objectif de ralentir le rythme de la baisse de la biodiversité en 2010. Aujourd'hui, explique l'UICN, il est évident que cet objectif ne sera pas atteint.

Depuis les débuts de l'étude en 2000, la Liste rouge a été largement élargie et les comparaisons d'une année sur l'autre ne sont pas faciles. Récemment, par exemple, un plus grand nombre de poissons d'eau douce a été pris en compte. © UICN

Chasse, pêche et déforestation

Sur les 44.838 espèces suivies, 1.159 sont déclarées éteintes ou « probablement éteintes » (2,6%). Les groupes d'animaux ou de végétaux ne sont pas tous logés à la même enseigne. Les mammifères semblent très touchés, avec 21% d'espèces « menacées d'extinction ». La proportion est de une pour huit pour les oiseaux et de une sur trois pour les amphibiens. Pour les végétaux, le nombre d'espèces menacées atteint 28% chez les conifères et même 52% chez les cycadacées, leurs cousins.

Les raisons principales de la disparition ou la raréfaction des espèces sont bien connues. La chasse est l'une d'elles. Pour les mammifères, par exemple, le rapport souligne que la proportion d'espèces menacées est de 36% parmi les espèces servant de nourriture à l'homme (contre 21% en moyenne). La répartition géographique des menaces renseigne également sur leur nature. Si le Brésil et l'Indonésie sont les mieux placés pour la chute de biodiversité, c'est parce que la déforestation y est très efficace.

La prise en compte d'un plus grand nombre de poissons d'eau douce a permis de mettre en évidence un phénomène propre à l'Europe, où 38% de ces espèces sont menacées, contre 28% en Afrique de l'est. Pour l'UICN, la cause est double : d'une part, une connectivité élevée des cours d'eau qui facilite la propagation des polluants mais aussi des espèces invasives et, d'autre part, une exploitation mal raisonnée.

Quant aux populations marines, l'effet de la pêche mondiale est clairement démontré pour de nombreux groupes d'espèces, comme les requins, les raies ou le corail des récifs.

Cependant, l'UICN note également que partout où des efforts de protection ont été réalisés, de bons résultats ont été obtenus...