Analyse de l'épaisseur de la banquise en Arctique par le satellite Cryosat, de l'Esa, ici sur une image saisie en avril 2013. L'extension ou la réduction des surfaces de glace de mer, des glaciers et des inlandsis font partie des instruments permettant de suivre l'évolution du climat. © Planetary Visions/CPOM/UCL/Esa

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Hausse record des gaz à effet de serre en 2013 selon l’OMM

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D'après l'Organisation météorologique mondiale, la quantité de gaz à effet de serre présents dans l'atmosphère a atteint - de nouveau - un maximum en 2013, après une augmentation de CO2 record par rapport à l'année précédente et atteignant près d'une fois et demie la teneur de l'ère préindustrielle.

Le dernier bulletin de l’OMM (Organisation météorologique mondiale), qui assure un Programme de la veille de l'atmosphère globale, dresse le bilan des gaz à effet de serre présents dans l'atmosphère. Constat principal et pas très surprenant : la concentration de dioxyde de carbone (CO2) a poursuivi son augmentation, atteignant 396,0 +/- 0,1 ppm (parties par million). C'est 1,42 fois ce que l'air de la Terre contenait en 1750. Au sein d'une progression plutôt régulière, le passage de 2012 à 2013 a tout de même été l'occasion d'un record, avec un accroissement de 2,9 ppm en un an, soit 0,74 % en valeur relative, le plus élevé pour la période 1984-2013 précise l'OMM. L'élévation moyenne sur les dix dernières années est de 2,07 ppm. À ce rythme, les 400 ppm seront atteints en 2015 ou 2016, souligne le bulletin.

Deux autres gaz à effet de serre, le méthane (CH4) et le protoxyde d'azote (N2O) ont eux aussi atteint des valeurs maximales, mais avec une progression moins marquée que l'année précédente pour le second. Par rapport à 1750, les teneurs de ces deux gaz ont été multipliées respectivement par 2,53 et 1,21. Au total, l'indice annuel d'accumulation des gaz à effet de serre publié par la NOAA (Administration américaine pour les océans et l'atmosphère) et qui mesure l'impact des différents gaz à effet de serre connus et mesurés, était en 2013 de 1,34, contre 1,0 en 1990, année de référence. Sur cette période, rappelle l'OMM, le forçage radiatif induit par les gaz à effet de serre est dû à 80 % au CO2. Le méthane, numéro deux pour l'effet de serre, y a contribué pour environ 17 %, toujours selon les données de l'OMM, qui souligne que 60 % des émissions de ce gaz viennent des activités humaines.

Évolution du forçage radiatif (échelle de gauche) entre 1979 et 2013 dû à différents gaz à effet de serre : le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d'azote (N2O), deux cholorofluorocarbures (CFC-11 et CFC-12) et 15 autres composés d'importance mineure. L'échelle de droite indique, corrélativement, la progression de l’indice annuel d'accumulation des gaz à effet de serre (AGGI, Annual Greenhouse Gas Index), l'année 1990, avec un indice de 1, servant de référence. © OMM

Le réchauffement conduit aussi à l'acidification des océans

Le rapport de l'OMM comporte un chapitre de plus cette année : celui de l'acidification de l’océan, due à l'absorption du dioxyde de carbone (donnant de l'acide carbonique). Outre l'effet délétère sur de nombreux organismes marins (notamment ceux fabriquant une coquille en carbonate), cette baisse du pH réduit la quantité de CO2 absorbée par l'océan. Elle serait actuellement à 70 % de ce qu'elle était avant l'ère industrielle et, affirme l'OMM, pourrait tomber à 20 % à la fin de ce siècle.

Dans le même temps, en France, un rapport de l’Onerc (Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique) montrait que, dans tous les scénarios retenus par le Giec, la hausse moyenne des températures en Métropole de 2020 à 2050 devrait s'établir entre 0,6 et 1,3 °C par rapport à la période 1976-2005, avec des valeurs plus importantes dans le Sud-Est, de 1,5 à 2°C. L'étude prévoit moins de jours très froids et davantage de périodes de grandes chaleurs, mais aussi des précipitations moyennes annuelles plus importantes. Cette évolution devrait se poursuivre jusqu'à la fin du siècle, avec des épisodes de précipitations violentes plus nombreux.

Étude après étude, les analyses confirment l'amplification de l'effet de serre à laquelle devra faire face la génération suivante et l'importance des mesures à prendre pour, au moins, le limiter.