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Climat au Pakistan : le plus humide depuis 1.000 ans

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Une équipe de chercheurs suisses et allemands vient d'apporter la preuve de la hausse significative, depuis la révolution industrielle, des précipitations dans la chaîne montagneuse de Karakorum, au nord du Pakistan, plus que vraisemblablement due au réchauffement planétaire.

Carte du Pakistan

L'équipe, formée de chercheurs de l'Institut de recherche suisse, du Centre de recherche de Jülich, de l'université de Bonn et du GeoForschungsZentrum de Potsdam, a porté son étude sur des genévriers extrêmement anciens, dont les cernes de certains dataient de l'an 828 de notre ère.

L'on sait que les cernes des arbres, une fois formés, fournissent des informations sur le climat. La croissance des arbres est rapide en été, et lente, voire nulle, en hiver. Cette évolution explique la formation des cernes. L'équipe a utilisé une méthode hypersensible pour examiner les cernes : l'étude des isotopes d'oxygène.

"Cette méthode étude des isotopes d'oxygène est extrêmement complexe, mais elle permet d'établir des relevés très précis des conditions d'humidité de l'année en question", a expliqué le professeur Matthias Winiger de l'Institut géographique de Bonn.

Pour tester la précision de leur méthode expérimentale, l'équipe a comparé les informations fournies par les cernes des arbres avec les données météorologiques enregistrées depuis 1898 sous l'occupation britannique de ce qui était alors l'Inde. "Pour cette période, notre méthode concorde remarquablement avec les données météorologiques", a déclaré le professeur Winiger.

Satisfait de la précision des données fournies par les cernes des arbres, l'équipe a été en mesure d'étudier le climat local au fil du temps. Les chercheurs ont ainsi pu révéler l'inconstance du climat et observer, par exemple, des périodes humides vers les années 1200 et 1350, sans nulle comparaison toutefois avec les récentes périodes humides dont les pics et la fréquence sont les plus élevés. Cette évolution correspond également à la hausse, lente mais manifeste, des températures observée à l'échelle mondiale au cours des 150 dernières années, en raison de l'énorme impact de la révolution industrielle.

L'équipe estime que la hausse des températures due à l'effet de serre influence les courants atmosphériques en tant que répercussion supplémentaire du réchauffement planétaire. Dans des régions montagneuses comme celles de Karakorum, l'équipe considère que ces conditions auront eu un impact significatif non seulement sur le climat local, mais également sur le peuple local, et ses conditions de vie. "Dans ces régions subtropicales et tropicales périphériques, les changements observés au niveau du taux et de la distribution des précipitations, et par conséquent, de l'équilibre hydrique, auraient une bien plus grande incidence sur le bien-être des personnes et les modifications des écosystèmes que le changement des températures en soi" conclut l'étude.