Un des intérêt de la photographie numérique est la possibilité de retravailler les images sur ordinateur. On peut rectifier le cadrage, redresser un bâtiment incliné parce qu'on a tenu l'appareil un peu de travers, changer la luminosité, le contraste ou l'équilibre des couleurs sur l'ensemble d'une image ou sur certaines de ses parties, supprimer un détail gênant, enlever les yeux rouges causés par le flash, améliorer la netteté du moins dans une certaine mesure (ce qui n'est pas possible avec les photographies argentiques) redimensionner une image pour la mettre dans un document ou une page web... Pour les modifications les plus simples il existe d'excellents petits programmes gratuits comme PhotoFiltre, XnView ou Paint.NET. Pour des travaux élaborés il est difficile de ne pas citer le logiciel Adobe Photoshop, très coûteux, mais il est possible de faire beaucoup de choses avec le logiciel gratuit Gimp, même s'il lui manque encore certaines fonctions de Photoshop.
On retrouve alors des possibilités qui sont réservées uniquement à ceux qui agrandissent eux-mêmes leurs photographies argentiques, avec plus de facilité et de souplesse, et sans se salir les mains dans des bains de révélateur. Il est même possible de faire beaucoup plus comme le montreront certains exemples dans la partie suivante.
Comme cela a été expliqué précédemment le format JPEG n'est pas le plus favorable mais un amateur pourra toutefois retravailler ses photographies au format JPEG avec profit s'il prend soin de les enregistrer avec un facteur de qualité élevé (supérieur à 95%). Une autre limite est qu'il n'est guère possible de récupérer beaucoup d'information dans les zones sombres quand on joue sur la luminosité ou le contraste.
Le format TIFF étant un format sans perte, il est nettement plus favorable lorsqu'on veut travailler ses images. Toutefois il est évident qu'on n'améliore pas la qualité d'une image en transformant un JPEG en TIFF : ce qui est perdu ne se récupère pas. Par contre certaines manipulations nécessitent parfois le traitement par plusieurs logiciels successifs, ou bien encore on peut faire une partie des modifications, enregistrer et reprendre le travail plus tard.
L'enregistrement intermédiaire dans un format sans perte s'impose dans ce cas et le TIFF est recommandé. En outre le format TIFF permet d'enregistrer les images avec une profondeur de 16 bits par couleur au lieu de 8 pour le JPEG. Ceci permet d'extraire davantage d'informations, en particulier dans les ombres, quand on a besoin de retravailler la luminosité ou le contraste. Malheureusement dans sa version actuelle (2.4) Gimp est bien capable de lire du TIFF 16 bits mais il le convertit en 8 bits. Il paraît que la compatibilité totale avec le format 16 bits est prévue... pour la version 3.
Passons maintenant à un point qui ne concerne guère que les professionnels et les amateurs avertis. En effet la plupart de ceux qui utilisent un reflex numérique se contentent probablement du format JPEG, et ils ont raison s'ils ne sont pas des passionnés de la technique. Mais les reflex offrent un autre format d'enregistrement appelé RAW (= brut) qui permet de travailler de façon très puissante l'aspect final de l'image. En effet le principe de ce format consiste à enregistrer directement les données numérisées issues de chaque photosite. Autrement dit ce que ce format enregistre n'est pas encore une image car elle n'a pas été reconstruite par le processeur de l'appareil. Bien évidemment la taille de ces fichiers est très élevée.
C'est un peu l'équivalent d'un négatif qui ne serait pas encore développé et d'ailleurs certains n'hésitent pas à dire qu'ils « développent » leurs RAWs. Ce fichier doit être traité avec un programme appelé dérawtiseur. Il peut être fourni avec l'appareil mais il existe aussi des programmes indépendants et des plugins pour les logiciels de traitement d'image (dont l'inévitable Photoshop). Il existe également un programme libre un peu minimaliste mais comportant les fonctions essentielles, UFRaw, qui peut aussi fonctionner comme plugin de Gimp. Tous ces programmes n'ont pas le même degré de commodité d'emploi et ils peuvent différer également par les options avancées qu'ils proposent. Bien évidemment si on achète un produit non fourni par le fabricant il faut s'assurer qu'il est capable de lire le format RAW de l'appareil qu'on utilise parce que ce format varie selon les marques (et parfois même d'une génération d'appareil à l'autre dans la même marque).

Cette multiplicité des formats RAW pose un problème : celui du risque de ne plus pouvoir lire dans quelques années des clichés stockés dans un format non standardisé. C'est pourquoi Adobe a proposé un format ouvert qui se voudrait unificateur, dénommé DNG qui peut être utilisé librement. Adobe propose un logiciel gratuit de conversion des divers formats RAW vers DNG (Adobe DNG Converter). Ce format a été adopté par un petit nombre de fabricants et divers logiciels peuvent le lire mais il n'a pas encore réalisé une percée décisive.
Le premier travail qu'accomplit un déwratiseur est le dématriçage : dans cette phase il reconstruit les pixels à partir des données brutes. L'image obtenue est d'une neutralité totale par rapport aux données numériques. Elle peut donc paraître un peu terne et plate ou bien trop claire ou trop sombre. Mais le dérawtiseur fournit toute une série de réglages permettant un bon équilibre du rendu final (luminosité, contraste, équilibre entre les zones claires et sombres, saturation et balance des couleurs, renforcement de la netteté...).
D'autres options sont variables d'un programme à l'autre mais on trouve généralement une option de réduction du bruit, des options permettant de corriger les franges colorées que créent parfois les aberrations chromatiques des objectifs, ou même de corriger les distorsions qu'on observe souvent sur les zooms en position grand angle où les lignes verticales et horizontales vont apparaître cintrées, ce qui est gênant pour une photo d'architecture par exemple.
Le gros avantage du traitement fait à cette étape est qu'on utilise directement les signaux des photosites pour les combiner le mieux possible. On peut également exploiter toute la dynamique de l'image sur 12 ou 14 bits pour faire ressortir dans les zones trop claires ou trop sombres des détails qui auraient été déjà définitivement perdus sur un enregistrement JPEG. On a tout intérêt à faire le maximum de réglages possibles à ce stade puisqu'on dispose de toutes les informations numériques. Ce n'est plus le cas dans les formats d'image tels que le JPEG ou le même le TIFF où ces informations ont déjà été mixées pour recalculer les pixels à partir des photosites. Si nécessaire les dernières modifications pourront nécessiter ensuite l'usage d'un logiciel de traitement de l'image, mais on est sûr que la transformation en JPEG (ou en TIFF pour les professionnels) qu'on fera en fin de traitement par le dérawtiseur tirera le meilleur parti de ce qui a été enregistré : le photographe ne dépend plus d'un programme préétabli appliqué par le processeur de l'appareil. Il décide lui-même du rendu final de son cliché. Le professionnel appréciera également, lorsqu'il possède toute une série d'images prises dans les mêmes conditions, que le dérawtiseur puisse appliquer automatiquement à toute la série les réglages qui ont été mis au point sur une photographie.
L'inconvénient du format RAW est la taille considérable des fichiers qui oblige à utiliser sur l'appareil des cartes de mémoires de grande capacité, donc chères.
Liens pour télécharger les logiciels :