Maxime Crepel, de France Télécom R&D, vient de livrer une intéressante étude (de 95 pages) sur les usages de Skype, cet outil hybride entre téléphone et logiciel de messagerie instantanée (IM). Il remarque notamment que les jeunes âgés de 20 à 30 ans font majoritairement trois types d'usages distincts du logiciel qui est le système de Voix sur IP (VoIP) le plus diffusé au monde.
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Le premier type consiste, assez classiquement, à entretenir des réseaux de relation familiaux ou amicaux, géographiquement dispersé, dans un entrelacement d'usages régulier avec d'autres systèmes d'IM. Le réseau de relation entretenu par SkypeSkype est dans ce cas essentiellement composé de relations réelles. Le logiciellogiciel est valorisé pour son côté pratique, convivial et économique. Il fait émerger cependant des craintes quant à la perte d'intimité et à la possibilité d'intrusion des membres du réseau dans la sphère privée de l'individu ce qui engendre des stratégies d'évitement parfois vécues sur le registre de la culpabilité.

Le second type d'usage est celui de la collaboration dans le cadre d'activités professionnelles. Skype est ici perçu comme un moyen de communication optimisé pour effectuer des conférences entre professionnels ou la réalisation simultanée d'une activité ou d'un projet particulier. L'usage de l'oral y est alors valorisé (parfois même en connexion audio continue ce qui permet de partager des environnements sonores), car il permet une meilleure fluidité des échanges en améliorant la compréhension entre interlocuteurs. On observe un entrelacement d'usage régulier avec d'autres logiciels spécifiques à l'activité professionnelle et d'autres moyens de communications (mobile, fixe, mail, IM). Dans ce cas, le réseau de relation entretenu via Skype est composé principalement de relations réelles, mais pas seulement.

Le troisième type d'usage est celui de la collaboration synchronesynchrone dans le cadre d'activités culturelles (jeux vidéo en réseau, musique, échange linguistique...). Le logiciel est ici utilisé avec ceux utilisés dans le cadre de ces activités culturelles et permet de partager, en continu, environnement sonore et échanges audio. Le réseau de relations entretenu est à la fois composé de relations réelles et virtuelles (partenaire de jeux, partenaire linguistique...). La constitution d'une vie sociale virtuelle, dont les liens sont entretenus via la VOIPVOIP, génère un certain intérêt, mais est également source de contrainte pour les utilisateurs.

Une étude, qui rappelle que ces usages s'inscrivent dans un continuum, c'est-à-dire dans une complémentarité avec d'autres moyens de communication (mail, IM, fixe, mobile...) et que les usages innovants constatés (connexion audio continue, sessions musicales, entrelacements d'usages avec d'autres logiciels...), ne sont pas liés aux développements du programme et des services Skype - qui restent la plupart du temps méconnus des utilisateurs -, mais des possibilités d'utilisation synchrone de la VoIP.

En conclusion, Maxime Crepel souligne que la VOIP s'intègre de plus en plus au webweb 2.0 (intégration de la Voip sur les sites de Kodak et d'eBay avec Skype, prochainement sur MySpace avec Tglophone) et qu'elle est appelée à s'intégrer de plus en plus avec de nombreux services web (services clients, sites de communautés, forums...). Il signale d'ailleurs, l'arrivée d'outils VOIP optimisés pour des usages spécifiques comme Ninjam ou eJamming pour les musiciens ou Teamspeak pour les joueurs de jeux vidéo.