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Une forêt virtuelle... qui pousse, pour les MMO et pour la science

ActualitéClassé sous :informatique , image de synthèse , réalité virtuelle

Simuler une forêt qui évolue avec les années, pour améliorer les jeux vidéo... et aider les scientifiques : c'est l'une des initiatives qui seront présentées les 27 et 28 novembre au Forum des EIP (Epitech Innovative Projects) de l'école Epitech, pour une dixième édition qui rassemble plus de cent projets d'entreprises menés par des étudiants en fin de cursus.

Pour simuler d'année en année la pousse de végétaux grâce à un logiciel, il faut connaître les espèces, leurs besoins et prendre en compte la variation de l'environnement (température, humidité, défrichement...). De quoi rendre plus réalistes les univers des jeux vidéo. Les scientifiques sauraient eux aussi quoi faire de ce genre d'outils. © Epitech

« Depuis le début des jeux vidéo MMO [Massively Multiplayer Online], on nous promet des mondes persistants. Et c'est ce qu'ils sont : ils n'évoluent pas. » Ce constat, présenté comme le point de départ d'étudiants de l'école Epitech pour leur projet EIP (Epitech Initiative Project), pourrait ressembler à une boutade. Mais il a conduit à un très ambitieux logiciel capable de simuler l'évolution dans le temps d'un couvert végétal, par exemple, une forêt entière, en tenant compte de paramètres comme l'ensoleillement et les spécificités des espèces présentes. Au fil des jours, les végétaux pousseront, fleuriront ou dépériront, selon les conditions. De quoi faire varier les paysages d'un jeu MMO. VES (Virtual Environmental Systems) - c'est le nom de ce logiciel - peut aussi être utile dans le domaine scientifique pour simuler les réactions d'un milieu face à des changements extérieurs.

Dans leur cursus de quatre années, ces étudiants, qui apprennent d'abord l'outil informatique et la gestion de projets, ont dû se confronter à la biologie végétale et à la manipulation de montagnes de données. « Une forêt comporte des milliards d'individus de multiples espèces », résume Benjamin Pomarelle, le chef du projet. Une partie du travail a donc été de se renseigner sur les caractéristiques des espèces végétales« Mais nous n'avons pas trouvé de partenaires en milieu universitaire », déplore-t-il. C'est donc en autodidactes qu'ils ont exploré la botanique, notamment en suivant des cours en ligne (ou Mooc).

Le projet VES (Virtual Environmental Systems) repose sur une base de données répertoriant les espèces végétales et leurs besoins. © Epitech

Une forêt dans un client-serveur

« Pour effectuer une génération, nous avons retenu quatre paramètres - température, humidité, fertilité et ensoleillement - qui nous donnent un indice de fertilité. Bien sûr, c'est une simplification, et ce n'est pas suffisant pour une analyse scientifique fine. Mais on peut ajouter des sous-paramètres ou ajuster un paramètre. Par exemple, nous n'intégrons pas les animaux mais, si nous voulions tenir compte de la présence d'insectes pollinisateurs, nous pourrions modifier le paramètre fertilité. De plus, notre logiciel est modulaire et peut être modifié facilement. Il faut que notre simulation soit crédible. C'est l'objectif. » Cet univers virtuel est en effet construit selon une architecture client-serveur, avec plusieurs parties (base de données, calcul...) en plus du module de l'utilisateur (le client).

Commencé en février 2014, VES sera présent le 27 novembre prochain au Forum des EIP, parmi plus d'une centaine d'autres. Ces EIP s'étalent sur deux années, dont l'une à l'étranger, sur un cursus de cinq ans, et sont conçus comme des projets d'entreprises, de la technique au marketing. Les jeunes entreprises Prestashop (en France) et Docker (aux États-Unis) sont sorties de ce moule.

« L'EIP est leur projet le plus complexe, commente Emmanuel Carli, directeur général d'Epitech.  Il réunit 5 à 15 personnes, qui sont loin de l'école la moitié du temps. C'est un travail d'équipe et d'organisation... » Dans la nouvelle formule de cette dixième édition, le projet est jugé par les étudiants des autres implantations d'Epitech (soit douze villes) et présenté à la fin du mois de novembre. « Les projets doivent avoir une dimension humaine et sociétale. Ils doivent s'inscrire dans la durée, nous ne sommes pas dans l'instantanéité... »

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