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Figée depuis 300 millions d’années, une forêt réapparaît en Chine

Des scientifiques chinois et américains ont découvert une forêt enfouie sous des cendres volcaniques depuis 300 millions d’années. Elle pourrait fournir des informations sur les végétaux et le climat au début du Permien. Certains arbres ont encore leurs feuilles. Il s’agit en quelque sorte d’un Pompéi du monde végétal. 

Un artiste a représenté à sa manière la forêt conservée depuis 300 millions d'années à partir des fossiles découverts. Cette forêt devait être favorable à la formation de tourbes puisque la région actuelle contient de grandes quantités de charbon. © Pnas Un artiste a représenté à sa manière la forêt conservée depuis 300 millions d'années à partir des fossiles découverts. Cette forêt devait être favorable à la formation de tourbes puisque la région actuelle contient de grandes quantités de charbon. © Pnas

Figée depuis 300 millions d’années, une forêt réapparaît en Chine - 2 Photos

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Le 25 août de l’an 79, une éruption du Vésuve enfouissait les villes de Pompéi et d’Herculanum sous d’épaisses couches de cendres, les figeant pour des siècles. La découverte de ces sites, respectivement vers 1600 et 1709, a permis de mieux comprendre la culture romaine, sans pour autant pouvoir en reconstituer l’évolution. Les informations récoltées ont été des plus précieuses.

L’histoire semble se répéter bien que ce ne soit pas une ville romaine qui ait été découverte. Des scientifiques chinois et américains, menés par Jun Wang de l'Académie des sciences chinoises, viennent de trouver une forêt enfouie sous de la cendre volcanique dans le nord de la Chine. Certains végétaux possèdent encore leurs feuilles et cônes bien qu'ils soient âgés de 300 millions d’années. Cette découverte est publiée dans la revue Pnas.

Le site se trouve à proximité de la ville de Wuda. Suite aux activités minières fortement présentes dans la région (exploitation du charbon), seuls trois sites d’études ont été analysés. Ils cumulent tout de même une surface de 1.000 mètres carrés. Les données obtenues suffisent pour caractériser la paléoécologie locale de l’époque.

 

Cette racine de sigillaires, un genre aujourd'hui éteint, est conservée au musée de Genève. Ces plantes pouvaient atteindre 30 mètres de hauteur. Elles seraient apparues vers la fin du Carbonifère puis auraient disparu au début du Permien. Le tronc était recouvert de feuilles d'apparence herbeuse. © Musée de Genève, DR
Cette racine de sigillaires, un genre aujourd'hui éteint, est conservée au musée de Genève. Ces plantes pouvaient atteindre 30 mètres de hauteur. Elles seraient apparues vers la fin du Carbonifère puis auraient disparu au début du Permien. Le tronc était recouvert de feuilles d'apparence herbeuse. © Musée de Genève, DR

Des plantes également trouvées en Amérique et en Europe

Toutes les plantes fossiles ont été répertoriées et mesurées sur les trois sites. Six groupes de végétaux ligneux ont été observés. Des fougères en arbre constituaient la canopée basse tandis que des sigillaires et des cordaites pouvaient atteindre une hauteur de 30 mètres. Des spécimens complets appartenant au groupe des noeggerathiales ont également été trouvés. Les représentants de ce taxon dominent même en nombre l’un des sites. Toutes les espèces végétales observées n’existent plus de nos jours.

Cet écosystème a été figé au début du Permien. À cette époque, les plaques tectoniques forment la Pangée. L’Europe et l’Amérique du Nord sont accolées. La Chine est divisée en deux petits continents. Toutes ses régions se trouvent au niveau de l’équateur, sous un climat tropical similaire à l’actuel. Ceci explique peut-être pourquoi les végétaux observés en Chine ont également été trouvés en Amérique du Nord et en Europe. Il n’y a cependant qu’en Asie que le groupe Noeggerathiales semble dominant.

Grâce à cette découverte, les chercheurs disposent maintenant d’une photographie de l’évolution des végétaux en Chine au début du Permien. Ce résultat pourrait servir de référence pour d’autres études et fournir plusieurs informations sur le climat de l’époque.

Un dessinateur a représenté la forêt avant son enfouissement (voir ci-dessous). Selon les auteurs de la découverte, il s’agit de la première reconstitution d’une forêt asiatique fossile de tous les temps.


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