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Katherine Johnson, femme de science et pionnière de la conquête spatiale, s’est éteinte

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Au-delà d'être une brillante mathématicienne, physicienne et ingénieure spatiale, Katherine Johnson a combattu les préjugés raciaux et sexistes dans l'Amérique ségrégationniste des années 50. Celle qui a passé trente ans au service de la Nasa, a permis de calculer les trajectoires d'Apollo 11. Elle s'est éteinte à l'âge de 101 ans le 24 février dernier.

Katherine Johnson, une mathématicienne dont les calculs ont permis aux États-Unis de conquérir la Lune, s'est éteinte à l'âge de 101 ans, a annoncé lundi la Nasa. Grande figure chez les Noirs américains, sa carrière a inspiré le film Les figures de l'ombre, sorti en 2016, adapté du livre de Margot Lee Shetterly, qui racontait l'apport trop souvent ignoré des femmes noires dans la conquête américaine de l'espace. La scientifique était d'ailleurs restée relativement inconnue jusqu'à ce que le président Barack Obama lui décerne en 2015 la médaille présidentielle de la Liberté, l'une des plus hautes distinctions civiles des États-Unis. Et en 2019, le Congrès des États-Unis décernait à Katherine Johnson la médaille d'or du Congrès.

Le président américain Barack Obama remet la Médaille présidentielle de la liberté, plus haute distinction civile américaine, à la mathématicienne de la Nasa, Katherine Johnson, le 24 novembre 2015, à la Maison Blanche à Washington. © Nicholas Kamm, AFP, Archives

Ses calculs ont envoyé les astronautes sur la Lune

Titulaire d'une licence de mathématiques, Mme Johnson avait rejoint le programme spatial américain -- la future Nasa -- en 1953, et avait pour tâche principale de contrôler le travail de ses supérieurs à l'aide de calculs. À cette époque, la ségrégation raciale était encore en vigueur aux États-Unis, et Mme Johnson œuvrait à un poste de « Colored computer » (ordinateur de couleur) avec des douzaines d'autres mathématiciens noirs, à l'écart de leurs collègues blancs.

Elle a permis d'éliminer les barrières raciales et liées au sexe

C'est seulement en 1958 que son équipe a été intégrée à d'autres divisions de la Nasa, pour faire partie du premier programme de vol spatial habité des États-Unis. Katherine Johnson a alors participé aux calculs du vol d'Alan Shepard, le premier Américain à se rendre dans l'espace.

© Document, Nasa, AFP

Trente ans au service de la Nasa

Pendant sa carrière de trois décennies pour l'agence spatiale, Mme Johnson a développé des équations cruciales ayant permis aux États-Unis d'envoyer des astronautes en orbite et sur la Lune, des formules toujours utilisées dans la science aérospatiale contemporaine. Elle a notamment calculé les trajectoires d'Apollo 11, la mission historique qui a fait de Neil Armstrong le premier Homme à marcher sur la Lune en 1969.

La Nasa a rendu hommage lundi à la scientifique. « C'était une héroïne de l'Amérique, une pionnière dont l'héritage ne sera jamais oublié », a écrit James Bridenstine, le patron de l'agence spatiale américaine. Katherine Johnson a permis « d'éliminer les barrières raciales et liées au sexe » a, de son côté, salué la NAACP, la plus grande organisation de défense des Noirs aux États-Unis.