L’épidémie de Covid-19 contraint la société à chercher comment éviter les contaminations entre individus. Une récente étude française s’est penchée sur l’efficacité de plusieurs stratégies entre télétravail en alternance et rotation de groupes sur les lieux de travail et dans le milieu scolaire.


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    La meilleure stratégie pour empêcher qu'un cas de Covid-19 n'entraîne un foyer épidémique dans une entreprise, une école ou un lycée est d'organiser une rotation entre deux groupes, l'un qui vient sur place et l'autre qui reste à la maison, montre une étude française. Les auteurs, issus de plusieurs organismes de recherche dont le CNRS, l'INRIA et l'Université de Paris, ont cherché à savoir quelle mesure était la plus efficace pour « enrayer une propagation épidémique dans une communauté à partir d'un premier cas positif ».

    Pour les trois lieux étudiés (une entreprise, une école primaire et une classe préparatoire dans un lycée), le résultat est le même : « du meilleur au pire : une rotation hebdomadaire, une rotation quotidienne, une alternance hebdomadaire et une alternance quotidienne », conclut l'étude, publiée dans la revue Plos Computational Biology.

    Limiter les interactions entre les individus pour éviter qu'un cas de Covid n'entraîne un foyer épidémique. © WavebreakMediaMicro, Adobe Stock
    Limiter les interactions entre les individus pour éviter qu'un cas de Covid n'entraîne un foyer épidémique. © WavebreakMediaMicro, Adobe Stock

    Des stratégies pour limiter les risques d'infection

    La stratégie d'alternance, pouvant être privilégiée pour maintenir la cohésion entre les salariés et les élèves, consiste à ce que tout le monde aille au bureau ou en classe en même temps, puis reste à la maison en même temps.

    La rotation divise quant à elle le groupe en deux : un groupe A se rendant sur place tandis que le groupe B reste chez lui, avant d'inverser. Ce système « hybridehybride » a été mis en place dans une partie des collèges et lycées français pendant la précédente année scolaire et pourrait faire son retour si la situation sanitaire se dégrade, même si pour l'heure, la rentrée est prévue en « présentiel » pour tous les élèves.

    Le modèle conçu par les chercheurs simule les interactions entre les individus, mais aussi le « comportement » du virus SARS-CoV-2, avec l'existence de « superpropagateurs », qui peuvent contaminer beaucoup plus de personnes que la moyenne s'ils sont infectés, ainsi que la possibilité d'être contagieuxcontagieux avant l'apparition des symptômes.

    Dans le cas de l'école primaire, en l'absence de toute mesure, ils estiment qu'il y a plus d'un risque sur quatre (27,3 %) que le cas positif débouche sur un foyer épidémique (défini comme au moins cinq autres personnes infectées). Cette proportion tombe à 17,3 % avec une alternance quotidienne, 16,6 % avec une alternance hebdomadaire, 12,3 % avec une rotation hebdomadaire et 12 % avec une rotation hebdomadaire.

    De même, la rotation hebdomadaire est le dispositif le plus efficace pour allonger le délai avant que le premier cas ne débouche sur un foyer épidémique et pour diminuer le nombre total de personnes infectées.

    Ces stratégies ne fonctionnent toutefois que si la circulation du virus est encore limitée

    Ainsi, dans le cas du lycée, si le taux de reproduction local du virus avant la prise de mesures est supérieur à 1,7 (c'est-à-dire que chaque période infectée dans la zone concernée en contamine en moyenne 1,7), « aucune de ces stratégies, hormis le distanciel à temps plein, ne suffit à empêcher l'émergenceémergence d'un foyer épidémique ».