Santé

AZF : un rapport confirme des effets sanitaires de longue durée

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Alors que se poursuit le procès visant à déterminer les responsabilités dans l'explosion de l'usine AZF de Toulouse, l'Institut de Veille sanitaire (INVS) explore encore, sept ans après le drame, ses conséquences sanitaires.

Le 21 septembre 2001 à 10 heures 17, un stock de nitrate d'ammonium entreposé dans l'usine chimique AZF (pour Azote Fertilisants), à quelques kilomètres du centre de Toulouse, explose. Les sismomètres enregistrent un séisme de magnitude 3,4. Trente personnes sont tuées et on relèvera 2.500 blessés. © La Dépêche du Midi

Troubles auditifs, syndrome de stress post-traumatique (SPT) et épisodes de dépression : les handicaps s'installent. Ce constat émane des résultats de la Cohorte santé AZF, constituée en mai 2003. Composée de 2.500 volontaires en activité au moment de l'explosion de l'usine AZF, elle décrit l'impact sanitaire et socio-professionnel de la catastrophe. Les derniers résultats concernant 2005 viennent d'être publiés.

Toutes les études conduites font état d'une forte prévalence des troubles de l'audition parmi la population toulousaine. Fin 2005, 33% des hommes et 27% des femmes souffraient toujours d'acouphènes. Quant à l'hyperacousie - une affection pourtant rare -, elle concernait jusqu'à 30% des hommes et 39% des femmes de la cohorte !

Les personnes défavorisées souffrent plus...
« Plusieurs indicateurs témoignent d'une grande souffrance psychologique dans la population plusieurs mois après l'explosion » rappelaient en octobre 2006 les auteurs du rapport final sur les conséquences sanitaires de la catastrophe. « Un tiers des personnes qui se trouvaient à moins de 1,7 km de l'usine a notamment déclaré avoir pris un traitement antipsychotique à la suite de l'explosion », confirme le docteur Valérie Schwoebel, responsable de la cellule interrégionale d'épidémiologie (Cire) Midi-Pyrénées.

Quatre ans après l'explosion, 15% des hommes et 22% des femmes de la Cohorte AZF souffraient toujours d'un syndrome de stress post-traumatique. Par ailleurs, 34% des hommes et 50% des femmes rapportaient des épisodes depressifs.

Valérie Schwoebel et ses collègues ont observé, surtout, que ces chiffres variaient d'une catégorie socioprofessionnelle à l'autre. « A exposition égale, les conséquences psychologiques sont plus importantes et plus fréquentes chez les personnes les plus vulnérables sur le plan socio-économique », indique-t-elle. Sept ans et demi après une catastrophe industrielle qui a fait 30 morts et plus de 2.500 blessés, c'est un triste constat.

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