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Quelles sont les conséquences du recul des prairies ?

Question/RéponseClassé sous :Nature , Prairie , paysage ouvert
Évolution de la surface des prairies depuis 1950. Depuis les années 1970, les prairies permanentes ont régressé de 30% (données Agreste). © INA-PG, 2003

Les prairies sont un écosystème transitoire et riche en biodiversité que l'agriculture humaine a contribué à étendre et à maintenir depuis les grands défrichements qui ont débuté au néolithique.

Cependant, depuis les années 1970 la donne a changé. Le recul de l'élevage et l'intensification agricole en Europe de l'Ouest ont entraîné une forte réduction des surfaces de prairie permanente. En France, les prairies permanentes, c'est-à-dire les surfaces enherbées pendant au moins 5 ans, ont régressé de 30% en 30 ans, tandis que les prairies artificielles (zone enherbée moins de 5 ans) ont été divisées par trois.

Les prairies permanentes sont pourtant un élément essentiel du paysage, qui fait partie du patrimoine national et contribue à l'identité des territoires. En outre, ces milieux accueillent une faune et une flore inféodées qui sont désormais menacées par le développement des cultures intensives (produits chimiques, perturbations régulières du milieu, disparition des habitats...) et par la transformation progressive des parcelles abandonnées, car peu productives, en forêt.

D'autre part, les prairies permanentes font partie des puits de carbone continentaux. L'Inra estime en effet qu'une prairie capte 0,9 tonne de CO2 par hectare et par an. Une récente étude a ainsi démontré que l'intensification agricole est en train d'annuler ces puits de carbone et donc de contribuer au réchauffement climatique.

Enfin, le recul des prairies a un impact négatif sur la régulation des eaux. Contrairement aux cultures intensives, les prairies ralentissent les écoulements d'eau de pluie, ce qui limite l'érosion des sols et les inondations et favorise le rechargement des nappes phréatiques. Par ailleurs, les prairies reçoivent beaucoup moins de traitements chimiques (engrais, phytosanitaires) que les terres cultivées. Leur exploitation est donc moins nocive pour l'environnement.

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