Big Brother vous regarde. © Uolir, Fotolia

Sciences

1984

Nineteen Eighty-Four
George Orwell
LivreClassé sous :science-fiction , 1984 George Orwell , George Orwell

1984 de George Orwell est un roman philosophique et d'anticipation décrivant un monde totalitaire. Dans l'univers de 1984, la planète est divisée en trois grands États : l'Océania, l'Estasia et l'Eurasia. Dans ce monde, l'Océania vit sous une dictature d'un Parti unique qui surveille tous les faits et gestes de ses sujets. « Big Brother » en est le chef. 1984 d'Orwell pourrait être résumé par son célèbre et terrifiant slogan : Big Brother is watching you. Orwell nous montre ici que le langage et l'histoire doivent être protégés. « Les meilleurs livres sont ceux qui racontent ce que l'on sait déjà », nous dit-il.

Résumé du livre

George Orwell - 1984

Londres, Océania, avril 1984.

Winston Smith, 39 ans, travaille pour le ministère de la Vérité qui s'occupe des divertissements, de l'information, de l'éducation et des beaux arts. Son emploi journalier consiste à mettre le passé à jour en rectifiant les archives et en détruisant les originaux afin de faire corroborer l'Histoire aux versions officielles du Parti unique. 

Winston vit dans un monde divisé en trois grandes puissances constamment en guerre : l'Océania, l'Estasia et l'Eurasia.

En Océania, Big Brother, le chef du Parti, surveille tout et tout le monde. Son visage apparaît partout, sur les affiches accompagnées du slogan « Big Brother vous regarde », sur les pièces de monnaie, les timbres, les livres, les bannières... Rien n'est illégal puisqu'il n'y a plus de lois mais celui qui est exposé au déplaisir du Parti risque la peine de mort, des travaux forcés dans un camp ou encore de disparaître et de voir toute trace de son existence effacée. Le principal opposant de cette dictature est Emmanuel Goldstein. Afin de transmettre ses idées, il a écrit un livre sans titre que les gens appellent tout simplement « le livre ». Sous l'influence de Big Brother, le peuple rejette ses théories et le prend comme objet de haine lors de rituels. Alors, Goldstein a créé la Fraternité, un réseau clandestin destiné à la chute de l'État.

Pour témoigner aux générations futures de son quotidien dans cette société totalitaire, Winston entame l'écriture de son journal malgré les risques encourus. C'est le premier pas d'une rébellion qui l'amènera à rejoindre la Fraternité. Sa rencontre avec Julia, une jeune femme brune de 27 ans, est le déclencheur. Au début, il la soupçonne d'être une espionne mais quelques jours plus tard, elle lui glisse subrepticement un mot sur lequel est écrit « je vous aime ». Le Parti désapprouvant le désir sexuel et interdisant le mariage entre deux personnes attirées l'une par l'autre, Julia et Winston décident d'entamer une relation amoureuse en cachette. 

À la même période, le couple fait connaissance avec O’Brien, un membre de la Fraternité. Ce dernier les intègre dans l'organisation secrète et confie à Winston le fameux livre interdit. Malheureusement, dénoncés par leur ami qui s'avérera être un espion du régime, Julia et Winston ne pourront pas vivre leur amour éternellement et seront rapidement rattrapés par Big Brother.

Mythologie

Dans 1984, George Orwell n'invente pas seulement de nouveaux mots mais développe un nouveau langage : le Novlangue. Ce terme est aujourd'hui employé au féminin pour désigner un langage ou vocabulaire convenu et rigide destiné à déformer la réalité.

  • Novlangue : Si l'anglais est la principale langue courante de l'Oceania, le novlangue est la langue officielle créée par le Parti. Le but de ce nouveau langage basé sur l'ancilangue (l'ancien langage ou anglais ordinaire) est de restreindre la pensée par l'appauvrissement du vocabulaire et la simplification lexicale et syntaxique à l'extrême. Ainsi par exemple, le terme Ministère de la Vérité devient en novlangue Miniver. D'autres mots comme science, honneur, justice ou religion sont tout simplement supprimés afin que les idées associées disparaissent.
  • La double-pensée : La double-pensée est le pouvoir de garder simultanément à l'esprit deux croyances contradictoires et de les accepter toutes les deux. C’est l'un des trois principes fondamentaux de l'Angsoc (en novlangue pour socialisme anglais), l'idéologie du Parti. Les deux autres principes sont : la mutabilité du passé qui permet de réécrire indéfiniment l'Histoire et la négation de la réalité objective. Ce dernier implique de rejeter le témoignage des yeux et des oreilles et de croire que tout peut être vrai.
  • La Police de la Pensée : La Police de la Pensée surveille chaque fait et geste des citoyens de l'Oceania afin de découvrir ceux qui commettent des crimes de la pensée, c'est-à-dire ceux qui développent des idées qui ne sont pas conformes à celles du Parti, et de punir les coupables. Elle espionne les citoyens au moyen de patrouilles qui circulent dans les rues ou encore de télécrans, des systèmes de vidéosurveillance et de télévision présents dans les domiciles des membres du Parti, sur leur lieu de travail et dans les lieux publics. Ces appareils permettent également de diffuser les messages de propagande du Parti.

Analyse

Une référence du roman d'anticipation

1984 est aujourd'hui une référence dans le domaine des romans d'anticipation. Écrit en 1948, l'inversion des deux derniers chiffres de l'année paraît cohérent pour nous transporter dans un univers où les valeurs sont elles aussi inversées. Ici, « la liberté, c'est l'esclavage », « la guerre, c'est la paix » ou encore « l'ignorance, c'est la force ».

George Orwell décrit une société totalitaire à l'extrême basée sur l'ignorance, une société où la violence et le mensonge prévalent, où ce que l'on croit est plus important que la vérité. Dans un tel contexte, il est impossible de connaître l'histoire ni même de savoir quelle est la réalité.

Le roman se termine par tout un chapitre décrivant le novlangue, écrit à la troisième personne et au passé. Il est possible d'en déduire que dans le futur où cette annexe est écrite, ce langage destiné à éliminer toute réflexion n'existe plus, de même que pour la société qui l'avait créé. Malgré un roman très sombre, l'auteur aurait-il voulu nous apporter une touche d'optimisme ?

Une analyse de

Rédactrice