Un DA42, de Diamond Aircraft (entreprise autrichienne), du même type que celui du premier essai du robot pilote Alias. L'avion est un bimoteur à pistons, avec une avionique moderne. © Diamond Aircraft

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Alias, le robot qui peut piloter n’importe quel avion

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Des bras, des jambes, des caméras et un ordinateur en forme de tablette : c'est Alias, un système robotique qui peut devenir copilote dans n'importe quel avion. Il lit les instruments et manœuvre le manche, le palonnier et la manette des gaz. En plus, il connaît toutes les procédures d'urgence. Ce projet de la Darpa prend forme. Avec son dernier vol en Cessna Caravan, Alias en est à son deuxième avion, en attendant l'hélicoptère. But du jeu : réduire (encore) le nombre de personnes dans les cockpits.

En place gauche, le pilote humain tapote sur une tablette. En place droite, le copilote prend les commandes. Mais ce n'est pas un Homo sapiens. C'est un ensemble mécanique composé d'un bras qui vient saisir la manette des gaz, d'un axe fixé au volant et de deux autres, solidaires des deux pédales du palonnier. L'avion est un Cessna 208 « Caravan », un monomoteur à hélice et turbine, avion de transport à tout faire, conçu dans les années 1980.

Alias, pour Aircrew Labor In-Cockpit Automation System, mis au point par l'entreprise Aurora Flight Sciences, n'est donc pas un pilote automatique, comme il en existe à bord des avions depuis des lustres. C'est un véritable copilote, conçu pour assister un commandant de bord humain. La Darpa (agence de financement des États-Unis dépendant de l'armée) entend ainsi pouvoir, un jour, l'installer comme un second pilote dans les avions, civils et militaires, pour lesquels est imposé un pilotage à deux.

Alias au travail, filmé dans un Cessna Caravan en vol. On le voit dans plusieurs actions : mise en marche (Engagement), ralentissement de l'avion (Airspeed Decrease), changement de cap (Heading Change), accélération (Airspeed Increase), débranchement (Disengagement). © YouTube, Aurora Flight Sciences

Alias serait un pilote expérimenté qui connaît bien son avion

Avec ses caméras, Alias lit les instruments, quels qu'ils soient. Commandé par la tablette, il obéit aux instructions du pilote pour suivre une route, changer de cap ou d'altitude et surveiller les paramètres moteurs. Son logiciel doit être spécifique de l'appareil et sa base de données inclut les performances de l'avion et son instrumentation. Le pilote est ainsi déchargé des tâches subalternes. Alias connaît aussi toutes les procédures d'urgence et peut donc assister le pilote en cas de panne.

Dans un essai mené (sur un simulateur de vol) avec un journaliste d'Aviation Week, Alias a alerté le pilote, sur la tablette, après l'allumage d'une diode rouge indiquant une baisse de la pression d'huile. « C'est comme avoir un pilote avec une expérience de 600.000 heures de vol » résume hardiment John Langford, président d'Aurora Flight Sciences, dans une interview rapportée par l'agence AP.

Le robot-pilote Alias peut s'installer dans n'importe quel avion ou hélicopère pourvu qu'il ne soit pas trop petit. Il se compose de quatre bras articulés et motorisés. L'un (à fixer) commande le volant de la place droite, un autre vient saisir, lorsque le système est mis en marche, la manette des gaz (ici au milieu du tableau de bord, accessible des deux places). Les deux autres sont solidaires des deux pédales du palonnier du poste droit. Un cadre porte des caméras qui regardent les instruments et l'ensemble est contrôlé depuis une tablette. © Aurora Flight Sciences

Une technologie expérimentale pour réduire le nombre de pilotes

Pour l'instant, ce robot a été testé sur un simulateur de vol, sur un avion bimoteur à pistons (un Diamond DA42, comme celui montré dans l'image au-dessus de cet article) et, récemment donc, sur un turbopropulseur Caravan. L'entreprise annonce un prochain essai sur un hélicoptère, et veut ainsi démontrer qu'Alias peut être adapté à n'importe appareil, au prix d'un logiciel spécifique, et facilement retiré. Selon l'entreprise, le robot pourrait être configuré en moins d'un mois pour « apprendre » à piloter un nouvel aéronef.

La technologie d'Alias n'est qu'expérimentale et on est encore loin d'installer un robot en place gauche, en remplacement d'un humain. La réglementation aérienne devrait d'ailleurs être assez puissamment modifiée. Dans un communiqué, Aurora Flight Sciences présente Alias comme un programme de recherche et développement pour apporter « des automatismes dans les avions en équipage multiple [plus d'un pilote, NDLR] actuels pour réduire l'équipage ».

Rassor, le nouveau robot de la Nasa pour exploiter les ressources de Mars  Rassor 2.0 (Regolith Advanced Surface Systems Operations Robot) — prononcez « razor » —, est un petit robot polyvalent, appelé à devenir un compagnon indispensable pour les futures missions humaines sur la Lune, Mars ou des astéroïdes. C'est surtout un mineur, capable de forer les roches. On le voit ici s’entraîner au Kennedy Space Center de la Nasa, en Floride.