Saturne, ses anneaux et ses petites lunes constituent un système complexe et en perpétuelle évolution, qui passionne les astronomes. © Nasa

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Quand Cassini découvrait le satellite Daphnis dans les anneaux de Saturne

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Le premier mai 2005, la sonde Cassini, fraîchement arrivée dans le monde de Saturne, étudiait la division de Keeler, à l'intérieur de l'anneau A. Les scientifiques y suspectaient la présence d'une petite lune, qui aurait balayé son orbite mais n'avaient pu la discerner depuis la Terre. L'engin spatial de la Nasa, lui, l'a vue. D'abord numérotée S/2005 S1, elle a ensuite été baptisée Daphnis.

Article publié le 25 mai 2005

Le 1er mai 2005, Cassini réussissait à découvrir cette petite lune responsable de la division. Mieux, les images montrent non seulement la petite lune, mais également les structures spirales, appelées ondes de densité, déclenchées par le petit satellite qui affectent les anneaux et générés par l'influence de la gravité de la lune.

La lune a provisoirement été baptisée S/2005 S1 et se situe à 136.505 km du centre de Saturne. Elle est vraiment minuscule et apparaît très poreuse. Elle mesure quelque 7 kilomètres de long et reflète près de la moitié de la lumière qui tombe dessus, un éclat typique des particules des anneaux environnants.

S/2005 S1 est la deuxième lune que nous connaissons évoluant à l'intérieur des anneaux. L'autre objet est Pan, un satellite de 25 km, responsable de la division d'Encke. D'autres lunes existent mais évoluent sur les bords externes du système des anneaux. On pense à Prometheus et Pandora.

Les bords ondulés provoqués par l'attraction gravitationnelle du satellite de Saturne S/2005 S1 sont plus prononcés à mesure que la lune est proche. © Nasa

La petite lune de Saturne balaie sur son chemin, créant la division de Keeler

Les observations de Pan (division d'Encke) et de S/2005 S1 seront mises à profit par les scientifiques qui travaillent sur des modèles dynamiques de formation du Système solaire. En essayant de comprendre comment de tels objets interagissent avec la matière des anneaux on peut par similitude comprendre de quelle façon les planètes se seraient formées à partir des gaz et des poussières entourant le Soleil lors de sa formation.

L'attraction gravitationnelle de S/2005 S1, aussi faible soit-elle, contribue à cette division. Il attire vers lui la matière qui se trouve dans ce chenal. Pourtant, une très grande partie ne retombe pas sur la lune, elle la contourne et poursuit sa route au-delà de la division. Seule une petite quantité atteint la surface du satellite.

On remarque également que les bords ondulés provoqués par l'attraction gravitationnelle du satellite sont plus prononcés à mesure que la lune est proche.