Les symptômes du syndrome post-éjaculatoire (SMPE) surviennent en moyenne entre 30 et 60 minutes après l’éjaculation. Ils seraient liés à une allergie au sperme. © Phovoir

Santé

Sperme et allergie : le syndrome du malaise post-éjaculatoire

Question/RéponseClassé sous :Sexualité , Santé , Allergies
 

Le syndrome du malaise post-éjaculatoire (SMPE), ou post orgasmic illness syndrome (POIS) en anglais, survient dans les heures et jours suivant l'orgasme masculin. Handicapant sur le plan sexuel, il se caractérise par des céphalées, des humeurs dépressives ou encore des conjonctivites inhabituelles. Certains scientifiques émettent l'hypothèse d'une allergie au sperme.

Décrit pour la première fois en 2002, le syndrome du malaise post-éjaculatoire (SMPE) serait le signe d'une allergie au sperme.

Les symptômes du syndrome du malaise post-éjaculatoire (SMPE)

Chez les hommes concernés, le SMPE se traduit par des symptômes physiques et psychologiques :

  • épisodes de fatigue intense ;
  • humeur dépressive ;
  • troubles de la concentration ;
  • troubles de la mémoire ;
  • anxiété accrue.

Parfois, le SMPE s'accompagne d'un état grippal, de sensations de chaud-froid, de céphalées et de picotements des yeux pouvant dégénérer en conjonctivite.

Une allergie au sperme ?

Ce syndrome concerne peu d'hommes. Cependant, la gêne qu'il occasionne intéresse les chercheurs. Plusieurs études ont ainsi tenté d'en percer le mystère.

Dans l'une d'entre elles, des chercheurs se sont penchés sur le cas de 52 hommes dont la plupart des symptômes ont été rapportés entre 14 et 25 ans. Une forte majorité des volontaires (82,7 %) rapportait des symptômes une heure après l'éjaculation, qui duraient entre deux à sept jours pour deux tiers d'entre eux.

Une seconde étude a ensuite rapporté les observations menées sur 10 hommes souffrant du SMPE. Tous ont dû cesser la stimulation avant l'orgasme lors de la masturbation ou d'un rapport sexuel pour empêcher l'éjaculation. Dans chacun des cas, cette non-éjaculation s'est traduite par une absence de symptôme. La piste de l'allergie au sperme s'est alors précisée alors.

Enfin, un troisième travail a finalement amené des scientifiques hollandais à étudier les effets locaux et généraux d'un test d'injection sous cutanée de sperme autologue (c'est-à-dire appartenant au sujet lui-même) dilué chez 45 patients souffrant des différents symptômes. La réaction allergique était positive dans 88 % des cas, ce qui conforte une fois de plus l'hypothèse allergique...

Des études doivent encore être menées sur de plus larges cohortes pour prouver ce lien de cause à effet. En France, le SMPE n'est pas considéré comme un trouble éjaculatoire à part entière. Aux États-Unis en revanche, il est répertorié comme maladie orpheline par le National Institutes of Health.

Sources :

  • Société francophone de médecine sexuelle (SFMS)
  • New insights into postorgasmic illness syndrome using a web-based questionnaire, Martinez et al., ISSM, Istanbul 2014
  • POIS in 46 Dutch Caucasion males : Clinical characteristics and evidence for an immunogenic pathogenesis. Waldinger. Journal of Sexual Medicine.