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Grippe : pourquoi l'épidémie n'est-elle pas encore arrivée ?

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L'épidémie de grippe annuelle n'a pas encore eu lieu. Si elle est en retard par rapport aux années précédentes, elle peut encore frapper. Restons prudents !

Si l'on sait que le virus de la grippe cette année sera une souche H3N2, on ignore quand l'épidémie se manifestera. Elle ne devrait pas être aussi virulente que la grippe H1N1 de 1918, dont on voit ici les virions sous microscopie électronique à transmission. Elle a causé la mort de dizaines de millions de victimes. © Centers for Disease Control and Prevention, DP
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Pour celles et ceux qui ne s'en étaient pas aperçus, la grippe est quasiment portée disparue en France. « Au cours des quarante dernières années, nous n'avons jamais traversé un hiver sans épidémie de grippe», lance le virologue Bruno Lina. Il n'en reste pas moins que celle de 2011/2012 est en retard. Pourquoi ?

Les derniers bilans des médecins Sentinelles et du Réseau des Grog font état d'une « activité faible » et d'une « présence encore discrète de la grippe ». Depuis son poste de directeur du Centre national de référence de la grippe à Lyon, Bruno Lina observe avec attention les indicateurs actuels.

« D'une manière générale, lors des 20 dernières années l'épidémie de grippe est arrivée au plus tôt au début du mois de novembre, et au plus tard début mars, explique-t-il. Nous sommes donc toujours dans la fenêtre de tir, mais il est vrai que cette année, [la grippe] semble plutôt tardive. Et absolument aucun indicateur ne permet de prévoir la date d'arrivée de l'épidémie, et encore moins son intensité. Ce n'est pas parce qu'elle est tardive qu'elle sera plus ou moins virulente. »

Le vaccin contre la grippe est incubé dans ces œufs contenant la souche virale ciblée. Il est ensuite vérifié et testé. © Sanofi Pasteur, Flickr, cc by nc nd 2.0

L'hémisphère nord épargné par l'épidémie de grippe

La situation de la France n'est pas singulière. Elle est semblable sur l'ensemble de l'hémisphère nord. « Aux États-Unis et au Canada, nous commençons à voir un peu plus de cas avec une prédominance de virus H3N2. La seule chose que nous puissions dire est que nous aurons une épidémie à dominante H3N2. »

Cette souche figure bien dans la composition du vaccin 2011/2012. « Celles et ceux qui veulent se faire vacciner peuvent encore aller voir leur médecin », glisse au passage Bruno Lina. D'un point de vue administratif d'ailleurs, les bons permettant aux personnes à risque de subir l'injection du vaccin gratuitement sont valables jusqu'au 31 janvier.

Quant aux patients qui n'ont pas reçu la piqûre préventive au début du mois d'octobre, qu'ils se rassurent, « ils sont toujours protégés. Certes le taux d'anticorps diminue avec le temps mais l'effet est quand même prolongé environ six mois ». Ce qui signifie que si l'épidémie « se pointait à la mi-mars, nous pourrions nous retrouver dans une situation problématique, conclut Bruno Lina. Mais nous n'en sommes pas encore là... »