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Le chant des volcans

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Des scientifiques italiens ont mis au point un système permettant d'écouter les bruits émis par les volcans actifs et d'utiliser ces informations pour prévoir les prochaines éruptions.

Le Mont Etna en éruption en juillet 2001

Les relevés de données sismiques provenant des volcans sont convertis en musique selon un procédé appelé "sonification". On ne peut affirmer que les volcans ont un talent équivalent à celui de Tom Jones, par exemple, mais le résultat correspond bien à de la musique. L'oreille humaine est très attentive aux motifs sonores et si des modèles cohérents étaient révélés par les données, des représentations audibles pourraient conduire les chercheurs à repérer facilement les motifs.

"L'oreille humaine est un appareil logarithmique. Elle est beaucoup plus sensible que l'oeil humain", déclare le professeur Roberto Barbera, physicien à l'université de Catane (Italie). "Elle nous permet de comprendre des choses que nous ne pourrions pas saisir autrement", a-t-il expliqué à la revue New Scientist.

Ainsi, les motifs sonores qui pourraient être perdus dans une masse de données pourraient être aisément extraits. À ce jour, les travaux de l'équipe ont porté sur le mont Etna, le volcan sicilien qui est en éruption quasi permanente et, plus récemment, sur le volcan Tungurahua en Equateur.

La technique implique la mesure des relevés sismiques complexes des volcans, puis l'utilisation des grands systèmes en réseau, tels que GEANT2 (européen) et le nouveau système ALICE-RedCLARA (sud-américain) pour traiter les informations.

"La sonification des données peut être considérée comme la contrepartie acoustique de la visualisation graphique des données et elle est cruciale pour approfondir nos connaissances des modèles sismiques volcaniques afin de mieux comprendre l'activité volcanique, surtout quand cette activité précède des phénomènes éruptifs", a déclaré l'initiateur de cette technologie, le Dr Domenico Vicinanza, qui travaille aujourd'hui au CERN.

Les bruits enregistrés peuvent être traduits en diverses sonorisations. Deux versions (voir ci-dessous), fournissent des interprétations pour piano. La partition de l'Etna est rapide, trépidante, avec des pauses fréquentes, alors que la partition du Tungurahua est plus lente et plus fluide. Les deux partitions pourraient passer pour de véritables morceaux de musique atonale d'avant-garde.

Le traitement des informations est dû à deux projets financés au titre du Sixième programme-cadre: EGEE (Enabling Grids for E-SciencE) et EELA (E-Infrastructure shared between Europe ans Latin America). Pour les travaux sur le volcan Tungurahua, une liaison transatlantique à 622 Mbps est utilisée pour connecter GEANT2 au réseau ALICE-RedCLARA.

"En incluant les volcans d'Amérique latine à ces travaux de recherche, nous espérons pouvoir nous appuyer sur les données et les informations extensives que nous avons déjà obtenues en étudiant l'Etna et développer encore ces connaissances", a expliqué le professeur Barbera.