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Biodiversité : 49 % d'animaux marins en moins en 40 ans, selon le WWF

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Par Marie-Céline Jacquier, Futura

Un rapport du WWF tire la sonnette d'alarme sur l'état de la biodiversité des océans. Le réchauffement climatique, mais aussi la surpêche et la destruction des milieux naturels, menacent ces écosystèmes pourtant essentiels à l'humanité. Pour Marco Lambertini, directeur général du WWF : « Nous conduisons collectivement l'océan au bord du précipice »

L’Homme serait responsable du déclin des espèces marines. La surpêche, la pollution et le réchauffement climatique sont pointés du doigt. © Kim Seng, Flickr, CC by nc nd 2.0

Le WWF a rendu public son « Rapport Planète Vivante Océans 2015 » qui dresse un portrait particulièrement sombre de la biodiversité océanique. Le WWF y utilise l'indice planète vivante (IPV) qui mesure l'évolution des populations de vertébrés. Il s'avère que l'IPV des populations marines a baissé de 49 % entre 1970 et 2012. La chute la plus importante a été constatée entre 1970 et le milieu des années 1980. Ensuite, l'indice est resté globalement stable, mais dans les années récentes, une nouvelle baisse est observée.

Si en 40 ans, les populations de vertébrés marins ont diminué de moitié, ce déclin toucherait particulièrement les poissons consommés par l'Homme : ils ont eux aussi diminué de 50 %, voire parfois plus. Plus précisément, en ce qui concerne les poissons, sur 930 espèces comptabilisées par l'IPV, il y a eu une réduction de moitié de l'effectif global entre 1970 et 2012 et le déclin touche notamment ceux que nous consommons, comme ceux de la famille des scombridés (maquereaux, thons, bonites...), avec une chute de 74 % entre 1970 et 2010.

Pourtant, l'Homme devrait prendre particulièrement soin de cette ressource car le poisson joue un rôle alimentaire et économique important. D'après le WWF, il représente ainsi la principale source de protéines de trois milliards de personnes, tandis que la pêche et l'aquaculture font vivre 10 à 12 % de la population mondiale. Mais dans le monde, la consommation de poisson par habitant est passée de 9,9 kg dans les années 1960, à 19,2 kg en 2012, d'après la FAO.

Les récifs coralliens pourraient disparaître en 2050 si les températures continuent à augmenter au rythme actuel. © Wim Hertog, Flickr, CC by nc nd 2.0

Disparition programmée des récifs coralliens en 2050

Certaines régions du globe sont plus touchées que d'autres comme l'Asie du sud-est, les zones tropicales et subtropicales, mais aussi la Méditerranée. De même, l'indice des poissons des eaux profondes de l'Atlantique nord a reculé de 72 % au cours des 40 dernières années. Parmi les écosystèmes aquatiques, les récifs coralliens sont réellement menacés de disparition : au cours des 30 dernières années, ils auraient perdu plus de la moitié des coraux durs constructeurs. Les projections sur les décennies à venir suggèrent qu'en 2050, si la température augmente toujours au rythme actuel, l'océan sera trop chaud pour ces récifs.

L'océan pâtit aussi de la pollution, notamment par les plastiques : 250.000 tonnes de morceaux de plastique flotteraient ainsi sur les océans et 8 millions de tonnes de déchets plastiques regagneraient l'océan chaque année.

Pour arrêter le déclin du nombre des poissons, le rapport du WWF suggère de créer plus de zones protégées et des quotas de pêche. Il souligne aussi l'effet nocif des subventions qui encouragent la surpêche. Actuellement seulement 3,4 % des océans sont protégés et la mise en place de mesures pour préserver le thon rouge a permis des résultats encourageants.

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