Planète

Simeo : des bouées autonomes pour étudier les vertébrés marins

ActualitéClassé sous :développement durable , biotope , Ifremer

La bouée Simeo observera, automatiquement et à distance, les poissons, les cétacés, les oiseaux et même les chauve-souris qui viendraient à l'approcher. Fruit d'une collaboration entre l'IRD, l'Ifremer et Biotope, cette bouée intelligente servira pour des études d'impact des ouvrages en mer, par exemple les éoliennes.

Les éoliennes en mer peuvent perturber les écosystèmes marins et il est nécessaire de réaliser des études d'impact avant d'en envisager la construction. La bouée Simeo a été conçue pour cela. &copy Perspective-OL, cc by nc nd 2.0

Comment mieux évaluer les populations d'oiseaux, de chauves-souris ou de cétacés fréquentant une zone donnée en mer et ainsi mieux mesurer l'impact que pourrait avoir un futur parc éolien offshore? Un projet de bouée « intelligente », lancé mardi, apporte une réponse inédite et prometteuse.

Un radar et un sondeur pour détecter les mouvements dans les airs et sous l'eau, des enregistrements vidéo et audio pour identifier les espèces, des sondes pour mesurer la température de l'eau ou sa salinité : ces stations multi-instrumentales flottantes permettront de fournir des données jusqu'ici difficilement et incomplètement recueillies au large des côtes.

Premières bouées Simeo en 2013

Le programme Simeo, développé par le bureau d'étude Biotope avec l'Ifremer et l'Institut de recherche pour le développement (IRD), a été lancé mardi à Montpellier. Après une phase de conception, des prototypes pourraient être testés en Méditerranée et au large de la Bretagne en 2013, selon les promoteurs.

Les bouées Simeo récolteront des données concernant les écosystèmes sous-marins. © amateur_photo_bore, Flickr, cc by nc nd 2.0

Ce nouvel outil vise à répondre à la nécessité de toujours mieux connaître la qualité écologique du milieu marin en raison des projets de plus en plus nombreux de parcs éoliens offshore, mais aussi de la mise en protection de certaines zones à travers les projets d'aires marines protégées (AMP).

Outil pour étude d'impact

Dans le cas de l'éolien, les projets nécessitent notamment en amont des études d'impact sur l'environnement, rappelle le bureau d'étude Biotope. Cette bouée pourrait remplacer l'utilisation d'avions et de bateaux pour permettre aux scientifiques d'évaluer les populations d'oiseaux et de poissons, souligne Erwan Roussel, ingénieur de recherche pour Biotope.

« Les données seront récupérées par la station et envoyées à terre en temps quasi réel sans que les scientifiques n'aient à se déplacer en mer », relève-t-il, estimant que beaucoup de ces données sont « inédites ».

Ces bouées seront autonomes en énergie et adaptées à tous les types de mers et de fonds marins, à l'exeption des milieux polaires, selon ce bureau d'étude spécialisé dans la faune, la flore et les milieux naturels.