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Un médicament contrôle la flore intestinale et prévient l’obésité

Le microbiote intestinal joue un rôle prépondérant dans le développement de l’obésité. Une nouvelle étude vient d’en faire à nouveau le constat. Les chercheurs ont décrypté l’effet d’un médicament antioxydant dans la prévention de la prise de poids. Leurs résultats montrent qu’il perturbe la composition de la flore digestive et favorise l’élimination des graisses dans l’organisme.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, une alimentation équilibrée et une activité physique régulière permettraient de lutter contre l’obésité. Malheureusement, peu de personnes respectent ces recommandations. La flore intestinale joue également un rôle important dans la prise de poids. En l’étudiant, les chercheurs espèrent trouver une parade à cette pathologie. © colros, Flickr, cc by 2.0 Selon l’Organisation mondiale de la santé, une alimentation équilibrée et une activité physique régulière permettraient de lutter contre l’obésité. Malheureusement, peu de personnes respectent ces recommandations. La flore intestinale joue également un rôle important dans la prise de poids. En l’étudiant, les chercheurs espèrent trouver une parade à cette pathologie. © colros, Flickr, cc by 2.0

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Autrefois considérée comme un problème spécifique aux pays riches, l’obésité frappe aujourd’hui toutes les régions du monde.  Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la planète compte environ 1,4 milliard d’adultes en surpoids et 500 millions d’obèses. Ces individus présentent plus de risques de développer des problèmes de santé comme de l’hypertension artérielle, du diabète ou des troubles respiratoires. Au total, d’après une vaste étude publiée dans The Lancet en 2012, le surpoids et l’obésité tueraient en moyenne trois millions de personnes chaque année. À l’échelle mondiale, ces pathologies seraient donc plus meurtrières que la malnutrition.

L’alimentation et la sédentarité sont les principales causes de l’obésité. Mais ce n’est pas tout. Depuis une dizaine d’années environ, les preuves s’accumulent et mettent en lumière l’influence majeure des microbes digestifs dans la prise de poids. Ainsi, les personnes obèses posséderaient une flore intestinale peu diversifiée qui favoriserait la formation de graisse et l’excès pondéral.

L’obésité est un problème de santé publique dans le monde entier. La consommation fréquente de sodas est une des causes de l’augmentation de cette pathologie. Pour se rafraîchir, mieux vaut se tourner vers le verre d’eau et consommer des boissons sucrées occasionnellement.
L’obésité est un problème de santé publique dans le monde entier. La consommation fréquente de sodas est une des causes de l’augmentation de cette pathologie. Pour se rafraîchir, mieux vaut se tourner vers le verre d’eau et consommer des boissons sucrées occasionnellement. © Pressbound, Flickr, cc by nc nd 2.0

Depuis cette découverte, les recherches sur la physiologie des bactéries intestinales sont de plus en plus intenses. Une équipe a récemment réussi la prouesse de contrer l’obésité en modulant la diversité des microbes digestifs chez une souris. Dans une nouvelle étude, des chercheurs de l’Institut national du cancer (États-Unis) se sont penchés sur l’effet d’un médicament qui préviendrait l’obésité en contrôlant la flore intestinale, toujours chez ces rongeurs. Leurs résultats, publiés dans la revue Nature Communications, constituent une avancée de plus vers un traitement contre l’obésité.

Les Lactobacillus, des bactéries déterminantes dans la prise de poids

L’étude a commencé par une simple observation. Les scientifiques se sont rendu compte que le Tempol, un médicament antioxydant, diminuait le risque de surpoids chez la souris. En effet, les rongeurs soumis à une alimentation riche en graisses grossissaient moins s’ils recevaient le médicament. Suite à ce résultat, les auteurs ont analysé l’effet du Tempol sur la composition de la flore intestinale de ces animaux. Ils avaient vu juste : les souris nourries avec le Tempol possédaient moins de bactéries intestinales du genre Lactobacillus que les autres. « Deux choses intéressantes ressortent de ce résultat : d’une part le Tempol empêche les souris de trop grossir, et d’autre part, il modifie la composition de leur microbiote intestinal », explique Andrew Patterson, participant à cette étude.

Les chercheurs sont allés un peu plus loin et ont voulu comprendre pourquoi une diminution des Lactobacillus ralentissait la prise de poids. Ces bactéries produisent une enzyme appelée BSH (Bile Salt Hydrolase en anglais). Lorsque sa concentration diminue, l’intestin accumule un composé appelé acide tauro-bêta-muricholique. Ce dernier inhibe alors l’action d’une protéine, appelée FXR (Farnesoid X Receptor), présente à la surface des cellules de l’hôte. Or cette protéine joue un rôle dans la régulation du métabolisme des acides biliaires, des graisses et des sucres dans le corps. Concrètement, en perturbant les bactéries digestives, le Tempol modifie le métabolisme de l’organisme et diminue l’accumulation des graisses et la surcharge pondérale.

Pour confirmer ces résultats, les scientifiques ont fabriqué des souris génétiquement modifiées ne possédant pas de protéine FXR. Ils ont alors montré que ces souris grossissaient peu, même lorsqu’elles avaient une alimentation riche. En d’autres termes, ces souris mutantes sans FXR se comportent comme si on leur avait donné du Tempol. « Cette étude souligne le rôle de FXR dans le développement de l’obésité, cette protéine pourrait être la cible de traitements contre cette maladie », s’enthousiasme Frank J. Gonzalez, le directeur de l’équipe. Cependant, de nouvelles expériences sont nécessaires pour tester le rôle de FXR chez l’Homme et mettre au point des médicaments inhibiteurs de son activité.


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