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Un lien entre Alzheimer et le diabète de type 2 a-t-il été découvert ?

Les personnes atteintes de diabète de type 2 ont davantage de risques de développer la maladie d’Alzheimer. Des scientifiques israéliens viennent de démontrer que des protéines impliquées dans les deux pathologies interagissent fortement entre elles et pourraient expliquer le lien de cause à effet. Les prémices d’un nouveau médicament ?

La maladie d'Alzheimer touche 35 millions de personnes dans le monde. On estime qu'elle en affectera 80 millions de plus d'ici 2050. Des chiffres qui pourraient être revus à la baisse si l'on trouve enfin un traitement qui préserve les neurones (à l'image). Les personnes diabétiques sont deux fois plus exposées que le reste de la population. © Dr Jonathan Clarke, Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0 La maladie d'Alzheimer touche 35 millions de personnes dans le monde. On estime qu'elle en affectera 80 millions de plus d'ici 2050. Des chiffres qui pourraient être revus à la baisse si l'on trouve enfin un traitement qui préserve les neurones (à l'image). Les personnes diabétiques sont deux fois plus exposées que le reste de la population. © Dr Jonathan Clarke, Wellcome Images, Flickr, cc by nc nd 2.0

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En apparence, le lien n’est pas évident. Pourtant, une étude récente a montré que les diabétiques de type 2 sont deux fois plus enclins que le reste de la population à souffrir de la maladie d’Alzheimer, principale cause de démence en France et dans le monde. Il doit donc y avoir un processus biologique qui facilite le développement de la neurodégénérescence chez les patients insulinorésistants.

Ces deux pathologies, on le sait, ont des points communs. Toutes deux sont notamment favorisées par l’obésité. On les associe également à des amas de protéines de la même famille, celle des amyloïdes. Dans le cas du diabète, c’est l’amyline (protéine endogène à effet hyperglycémiant) qui s’agrège au niveau du pancréas. Pour Alzheimer, ce sont les bêta-amyloïdes qui s’accumulent en plaques entre les neurones. Cependant, fait intéressant, ces deux peptides ont été retrouvés dans le pancréas des personnes diabétiques et leur présence semble coïncider avec la progression des maladies.

Les scientifiques ont alors émis l’hypothèse que la démence apparaissait consécutivement à l’interaction entre amyline et bêta-amyloïdes. Pour le moment, cela n’a pas pu être démontré.

Le diabète est une maladie chronique qui se caractérise par un taux de sucre dans le sang trop élevé. Cela est dû à une insensibilité à l'insuline, l'hormone faisant baisser la glycémie. Cette pathologie est associée à d'autres troubles, dont la maladie d'Alzheimer. © Lesscholz, StockFreeImages.com
Le diabète est une maladie chronique qui se caractérise par un taux de sucre dans le sang trop élevé. Cela est dû à une insensibilité à l'insuline, l'hormone faisant baisser la glycémie. Cette pathologie est associée à d'autres troubles, dont la maladie d'Alzheimer. © Lesscholz, StockFreeImages.com

Des affinités entre bêta-amyloïdes et amyline 

Cependant, une nouvelle étude vient d’être réalisée par Yifat Miller et ses collègues de l’université Ben Gourion du Néguev, en Israël. Ils viennent de présenter leurs travaux à la 57e rencontre annuelle de la Biophysical Society (Philadelphie), révélant les interactions entre les deux molécules.

En combinant ressources informatiques et données expérimentales, ils ont établi qu’il existait des régions de haute affinité entre l’amyline et les bêta-amyloïdes. Ensemble, elles forment facilement des dimères (association de molécules identiques) polymorphes. Si, pour l’instant, l’effet de cette association sur l’organisme n’est pas connu, les auteurs supposent que cela pourrait être le lien entre les deux pathologies.

Désormais, ils souhaiteraient développer un médicament capable d’empêcher la liaison entre les deux amyloïdes. Il s'agirait alors de vérifier si ce médicament diminue le risque de développer la maladie d’Alzheimer chez les personnes diabétiques. Ce serait une grande avancée qui permettrait de limiter l’incidence de la neurodégénérescence. Alors qu’on ne dispose encore d'aucun traitement efficace, on prévoit une augmentation du nombre de cas dans les décennies à venir. Limiter les risques d’apparition semble donc être pour le moment l’une des meilleures stratégies à adopter.


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