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Un autre Hubble traque les trous noirs d'Internet

Le réseau mondial d'Internet n'est jamais opérationnel à 100 %. A chaque instant, un certain nombre de routeurs ne répondent plus. Ces trous noirs momentanés sont localisés grâce à un instrument opportunément baptisé Hubble, générant une carte désormais accessible sur le Web et mise à jour tous les quarts d'heure.

Une carte Google Maps, mise à jour toutes les 15 minutes, localise les endroits où un serveur est resté momentanément indisponible pour une partie de la planète. © U. de Washington/Computer Science & Engineering Une carte Google Maps, mise à jour toutes les 15 minutes, localise les endroits où un serveur est resté momentanément indisponible pour une partie de la planète. © U. de Washington/Computer Science & Engineering

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Pourquoi ce site Web met si longtemps à afficher sa page d'accueil ? Pourquoi mon mail parti il y a deux heures n'est toujours pas arrivé ? Les causes de ces embouteillages d'Internet se trouvent souvent aux extrémités du voyage de l'information, chez l'internaute ou chez le fournisseur d'accès. Mais un accident peut aussi être survenu n'importe où dans le réseau Internet, affectant l'un des innombrables routeurs qui le composent.

Depuis septembre 2007, une équipe de l'université de Washington observe en permanence le fonctionnement de la toile mondiale pour y repérer les dysfonctionnements et disposer de statistiques sur les performances réelles. L'opération s'appuie sur un réseau déjà en place, PlanetLab, qui regroupe environ cent serveurs dans une quarantaine de pays, appartenant à des universités et des centres de recherche privés ou publics. Chacun est mis à contribution pour contacter automatiquement des adresses Web et mesurer les temps de réponse.

Les résultats sont centralisés tous les quarts d'heure et on obtient ainsi une liste des ordinateurs accessibles seulement depuis certaines régions. C'est ce que l'on appelle l'accessibilité partielle, qui met en évidence un problème sur le réseau. Ce genre d'observation est parfois appelé l'astronomie d'Internet. « L'idée est de scruter dans les profondeurs et de comprendre ce qui s'y passe, sans avoir d'accès direct » commente Ethan Katz-Bassett, étudiant travaillant sur ce projet, baptisé Hubble, comme le télescope spatial du même nom. Cet instrument repère en effet ces zones momentanément inutilisables du réseau Internet, que l'équipe se plaît à nommer trous noirs.

Bientôt un million de trous noirs auront hanté le Web

Et ils sont nombreux : depuis septembre 2007, Hubble en a détectés près de 900.000. En moyenne, sur une période de trois semaines, plus de 7% des ordinateurs du réseau Internet connaissent un problème de ce genre. « Lorsque nous avons démarré ce projet, nous ne pensions pas en repérer autant » confie Arvind Krishnamurthy, membre de l'équipe.

Ces résultats sont disponibles en permanence sur une carte présentant les trous noirs d'Internet repérés par Hubble. Sur un fond créé par Google Maps, des drapeaux signalent les lieux où une indisponibilité partielle a été détectée, dont les couleurs indiquent les durées de l'événement. Un clic sur un drapeau montre une fiche donnant des informations plus précises. Un lien envoie vers une carte mondiale montrant quelles régions ne pouvaient accéder au serveur durant l'épisode trou noir.

On peut jeter un œil sur cette carte lorsque l'on se sent victime d'une perturbation du réseau mais l'interprétation n'est pas vraiment facile. Cette information servira surtout aux professionnels du Web, comme les fournisseurs d'accès


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