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Sur Mars, Opportunity, malgré son grand âge, fait de l'escalade

La nouvelle escapade du rover martien Opportunity le conduit à gravir une pente assez raide pour atteindre des roches à examiner sur la crête. Un défi qu’il semble relever sans beaucoup de difficultés malgré ses 12 années de mission.

Assemblage d’images prises avec la Pancam d’Opportunity les 29 et 30 octobre 2015 (jours martiens 4.182 et 4.183 depuis le début de la mission). Depuis fin janvier 2016, le rover escalade cette pente, dans le but d’examiner les roches au sommet, une « zone rouge » qui a été baptisée Knudsen Ridge. Les images sont traitées de façon à mieux distinguer les matériaux. © Nasa, JPL-Caltech, Cornell Univervisity, Arizona State University Assemblage d’images prises avec la Pancam d’Opportunity les 29 et 30 octobre 2015 (jours martiens 4.182 et 4.183 depuis le début de la mission). Depuis fin janvier 2016, le rover escalade cette pente, dans le but d’examiner les roches au sommet, une « zone rouge » qui a été baptisée Knudsen Ridge. Les images sont traitées de façon à mieux distinguer les matériaux. © Nasa, JPL-Caltech, Cornell Univervisity, Arizona State University

Sur Mars, Opportunity, malgré son grand âge, fait de l'escalade - 2 Photos
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Sur Mars, le rover Spirit est malheureusement immobilisé depuis 2010, mais son jumeau, Opportunity, débarqué quelques jours après lui, à plusieurs milliers de kilomètres de là, va très bien. Le 25 janvier dernier, il fêtait son douzième anniversaire sur les pentes ensoleillées de la vallée de Marathon, une entaille est-ouest dans les remparts du cratère Endeavour où il séjourne depuis quelques mois. Marathon fait bien sûr référence à la distance parcourue par le rover quand il y est arrivé : 42,195 km. Un record absolu. Son septième hiver martien vient de commencer et, grâce aux alizés, ses panneaux solaires ont pu être dépoussiérés.

Que fait Opportunity en ce moment ? Il mène de nouvelles enquêtes géologiques sur le passé de la Planète rouge. Cette vallée est devenue une cible prioritaire pour l’équipe scientifique car, sur la foi des relevés du spectromètre imageur Crism (Compact Reconnaissance Imaging Spectrometer) de la sonde MRO (Mars Reconnaissance Orbiter), des minéraux argileux y affleurent. Ceux-ci pourraient témoigner de la présence ancienne d’une eau beaucoup moins acide que pour les premiers cas étudiés peu après son atterrissage en 2004.

Image mosaïque en vraies couleurs de la pente que gravit Opportunity, sur le flanc sud de la vallée de Marathon. La crête de Knudsen, tout en haut, offrira au rover un point de vue magnifique sur le cratère Endeavour (22 km de diamètre). © Nasa, JPL-Caltech, Cornell Univervisity, Arizona State University
Image mosaïque en vraies couleurs de la pente que gravit Opportunity, sur le flanc sud de la vallée de Marathon. La crête de Knudsen, tout en haut, offrira au rover un point de vue magnifique sur le cratère Endeavour (22 km de diamètre). © Nasa, JPL-Caltech, Cornell Univervisity, Arizona State University

Opportunity se rapproche d’une « zone rouge »

La nouvelle destination de l’astromobile est la crête de Knudsen, tout en haut du flanc sud de la vallée de Marathon. L’équipe, qui a perdu l’un des membres fondateurs de l’expédition Mars Exploration Rover (MER) en 2005, le planétologue Jens Martin Knudsen, a souhaité baptiser ce site en son hommage. De là, le rover pourra embrasser du regard l’ensemble du vaste cratère Endeavour de 22 kilomètres de diamètre. « Cette crête est si spectaculaire qu’elle semble être l’endroit approprié pour le nommer en l’honneur de Jens Martin » confie le directeur scientifique de la mission, Steve Squyres.

Avant d’arriver à cette nouvelle étape, Opportunity doit gravir une pente escarpée, inclinée à environ 30°. C’est la plus raide de sa carrière. Il s’agit donc de la monter prudemment. L’opération qui a commencé fin janvier a permis de parcourir 9,4 mètres en deux temps. Elle a repris le 18 février. Il se débrouille plutôt bien, raconte John Callas, le chef de la mission au JPL : « Opportunity nous a montré qu’il a toujours le pied sûr. Les roues ont beaucoup moins patiné que prévu sur ces pentes abruptes ».

Ce qui intéresse tout particulièrement les chercheurs là-haut sont des andains de roches assez rouges surnommés « zones rouges », qui contrastent avec le substrat alentour. Ces roches étant assez friables, l’érosion en a éparpillé des morceaux jusque dans le creux de la vallée où ils sont mélangés aux autres matériaux. Le rover a pu déjà en examiner, mais sommairement. L’enjeu, cette fois, est d’étudier avec le spectromètre à particules alpha et rayons X (APXS), qui arme son bras robotique, des échantillons plus purs, directement exposés, pour en connaître la composition chimique.

« Les emplacements des zones rouges dans la vallée de Marathon sont en étroite corrélation avec la signature de phyllosilicates vue en orbite, déclare Steve Squyres. Nous voulons déterminer la chimie qui les distingue du substrat environnant et ce qu’elle pourrait avoir à faire avec de l’eau. »

À découvrir en vidéo autour de ce sujet :


Le rover Opportunity est sur Mars depuis le 25 janvier 2004. Suite à sa courte mission initiale, il a pu parcourir une grande distance à la surface de la planète et étudier des environnements très différents. La Nasa a compilé un time-lapse de cette exploration que nous vous invitons à découvrir.


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