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L’aile volante X-48B de Boeing réussit ses essais

L'aile volante, c'est-à-dire un avion sans fuselage, joue l'éternel retour. Ses avantages sont connus et indéniables. Sans fuselage, le poids et la traînée sont plus faibles et la stabilité peut être obtenue moyennant quelques astuces. Boeing et la Nasa planchent actuellement, avec succès, sur un prototype.

Le X-48B au cours de tests en soufflerie au Dryden Flight Research Center de la Nasa. Crédit Nasa Le X-48B au cours de tests en soufflerie au Dryden Flight Research Center de la Nasa. Crédit Nasa

L’aile volante X-48B de Boeing réussit ses essais - 3 Photos

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Après une première saison d’essais en vol pleinement réussis en 2007, le X-48B élaboré par Boeing en partenariat avec la Nasa vient d’entamer une deuxième série de tests pilotés au Dryden Flight Research Center (Californie).

Piloté n’est pas tout à fait le mot exact, puisque ce prototype est en réalité un modèle réduit à l’échelle 1/12 commandé depuis le sol. Des caméras installées sur l’appareil remplacent les yeux du pilote, qui se trouve dans une salle ressemblant à un simulateur de vol. Même dans cette configuration, l’actuel X-48B accuse tout de même 250 kg pour une envergure de 6,40 mètres.

Le concept de l’aile volante n’est pas nouveau mais il n’a jamais cessé de soulever de nombreux problèmes de stabilité en lacet (mouvement autour d'un axe, à cause de l’absence de dérive verticale. Le bombardier furtif B2-A Spirit est bien une aile volante, mais il ne pourrait voler si ses commandes n’étaient pas assistées en permanence par ordinateur.

Le bombardier furtif B2-A Spirit. Crédit Nasa

Cependant, la Nasa estime que cette solution finira par s’imposer tant dans le civil que dans le domaine militaire. L’aile volante présente en effet des avantages connus. A masse égale, la portance est plus élevée puisqu'il n'y a pas de fuselage, un corps pesant sans valeur aérodynamique sur un avion traditionnel. La traînée aérodynamique est significativement réduite et on obtient donc une consommation moindre. De plus, sur le modèle étudié par la Nasa et Boeing, la disposition des moteurs au-dessus des ailes le rendra particulièrement silencieux.

Des essais à vitesses plus élevées

Lors des premiers vols effectués en 2007 sur la base d’Edwards en Californie, l’appareil – le X-48B Ship 1 – avait atteint 2.500 mètres d’altitude. Les tests avaient surtout exploré le domaine des basses vitesses. Les volets (surfaces mobiles sur les bords de fuite) étaient restés en position basse. Cette configuration volets sortis est celle du décollage ou de l’atterrissage. Elle garantit une portance plus élevée, une traînée accrue et une vitesse maximale réduite à environ 110 km/h. Dans la série de vols qui vient de débuter, les volets du second appareil – le X-48B Schip 2 – sont rentrés (configuration lisse), ce qui permettra de voler à 140 km/h en croisière, avec un maximum théorique de 220 km/h, et d’atteindre une altitude plus élevée.

Le X-48B Ship 2 en vol au-dessus d’Edwards le 4 avril 2008. Crédit Nasa

Si la première phase d’essais comprenait 11 vols, la deuxième en comprendra au moins 8. Six phases sont prévues, durant desquelles le niveau de risque sera progressivement augmenté. Au cours de la sixième phase, les paramètres du logiciel de contrôle de vol seront peu à peu modifiés, réduisant la marge de sécurité qui empêche, notamment, l’avion de se mettre en décrochage.

Le programme de recherches du X-48B est dirigé par Phantom Works, une unité de R&D de Boeing travaillant sur des solutions innovantes en matière aéronautique et spatiale. Les prototypes ont été construits par Cranfield Aerospace, au Royaume-Uni, selon les spécifications de Boeing.


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