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Les récifs de coraux en vrai danger ?

Le World Resources Institute estime que si aucune mesure n’est prise les coraux risquent fort de disparaître et seront à peu près tous menacés en 2050 par la montée du dioxyde de carbone, la surpêche et la pollution.

Favia pallida, un anthozoaire connu dans l'océan Indien et dans le Pacifique sud, subissant un phénomène de blanchiment (les algues symbiotiques meurent ou sont expulsées, ce qui conduit à la mort du corail). © N. Hobgood CC by-sa Favia pallida, un anthozoaire connu dans l'océan Indien et dans le Pacifique sud, subissant un phénomène de blanchiment (les algues symbiotiques meurent ou sont expulsées, ce qui conduit à la mort du corail). © N. Hobgood CC by-sa

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Dans un rapport de 130 pages, l’organisation américaine WRI (World Resources Institute), qui se définit comme un « think tank environnemental », décrit par le menu les risques qui pèsent actuellement sur les récifs coralliens des eaux tropicales. L’étude de WRI, baptisée Reefs at risk revisited (Réévaluation des récifs à risques, également disponible en version complète), ne révèle pas de scoop ni de découverte majeure mais compile ce que l’on sait déjà sur les impacts des activités humaines sur ces colonies d’animaux fixés :

  • développement des infrastructures et de la présence de populations le long des côtes (construction, tourisme, industrialisation…) ;
  • pollution et érosion par les eaux douces rejetées dans la mer (déchets en tout genre, engrais agricoles…) ;
  • pollution des eaux marines (déchets solides, engrais, polluants issus de l’industrie ou des bateaux…) ;
  • surpêche (réduction des stocks de poissons et d’invertébrés, destruction des fonds, pêche à l’explosif…) ;
  • augmentation des températures d’eaux de surface due au réchauffement climatique et conduisant au blanchiment du corail ;
  • acidification des océans (due à la dissolution du CO2 et pouvant conduire à la réduction de la croissance du corail).

Carte de la dépendance sociale et économique des populations aux récifs coralliens. Les valeurs vont de faible (rose pâle) à très forte (rose foncé) ou nulle (gris). Sont pris en compte les emplois des pêcheries, la dépendance pour la nourriture, les exportations tirées de l’exploitation des récifs et les activités touristiques. Selon l’étude, 108 pays seraient touchés par la dégradation importante des récifs et 27 seraient particulièrement vulnérables. © WRI
Carte de la dépendance sociale et économique des populations aux récifs coralliens. Les valeurs vont de faible (rose pâle) à très forte (rose foncé) ou nulle (gris). Sont pris en compte les emplois des pêcheries, la dépendance pour la nourriture, les exportations tirées de l’exploitation des récifs et les activités touristiques. Selon l’étude, 108 pays seraient touchés par la dégradation importante des récifs et 27 seraient particulièrement vulnérables. © WRI

Des risques économiques aussi

WRI s’est penché sur ces différents facteurs dans l’hypothèse où la production de gaz à effet de serre et l’exploitation des côtes se poursuivraient sans modification. Dans ces conditions, concluent les auteurs, environ la moitié des récifs coralliens mondiaux actuels connaîtront un état de stress thermique durant les années 2030 et cette proportion atteindra 95 % en 2050.

L’étude est solidement argumentée et mérite l’attention. Elle se penche également sur les conséquences économiques d’une dégradation importante des récifs coralliens. Pour de nombreuses populations, en effet, ces récifs, de la pêche au tourisme, constituent une ressource précieuse. Le WRI identifie 27 pays – surtout des petits États – où la perte des récifs serait une perte importante de ressources.

Le WRI a comptabilisé également les zones récifales protégées. Sous forme de réserves marines ou de régions où les aménagements sont contrôlés, elles abritent 27 % des récifs mondiaux, dont plus de la moitié d’entre elles se trouvent en Australie. Mais, affirme WRI, ces protections sont parfois symboliques : sur 2.679 zones protégées analysées par l’étude, 15 % seulement apporteraient une bonne protection et 47 % seraient complètement inefficaces.

Logiquement, le rapport préconise une série de mesures pour réduire tous azimuts  l’impact des activités humaines sur les récifs : moins polluer, moins pêcher, agir localement sur le changement climatique, favoriser la recherche scientifique, etc.


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