La situation telle qu’elle était dimanche : le navire chinois qui transporte 65.000 tonnes de charbon à destination de la Chine est échoué sur un récif et du fioul lourd s’échappe d’une fissure de la coque. Les moteurs et le gouvernail du navire sont sérieusement endommagés et les autorités tentent de stabiliser l’épave avant que la coque ne se rompe. © Maritime Safety Queensland

Planète

En bref : risque de marée noire sur la Grande barrière de corail

ActualitéClassé sous :développement durable , marée noire , fioul lourd

La Grande barrière de corail, patrimoine mondial de l'humanité, est menacée par une marée noire depuis qu'un navire chinois s'est échoué sur un récif le samedi 3 avril. Du carburant fuit de ses réservoirs et les autorités craignent que le navire ne se brise, répandant ses 975 tonnes de fioul lourd dans le parc maritime de la Grande barrière et polluant les récifs coralliens.

Samedi dernier, le charbonnier Shen Neng 1 s'est échoué sur le récif de Douglas, au large de l'Etat australien du Queensland, alors qu'il naviguait à grande vitesse, en dehors des routes maritimes conventionnelles et sans pilote (c'est-à-dire ce guide professionnel connaissant les passages difficiles locaux).

Depuis, une fissure dans la coque de ce navire répand du fioul lourd dans le parc maritime de la Grande barrière de corail. La tache de fioul couvrait lundi une zone de 600 mètre par 300. La coque qui frotte sur le récif sous l'effet de la houle menace de se briser et de libérer les 975 tonnes de carburant du charbonnier.

Le Pouvoir divin (Shen Neng) aurait pris un raccourci…

En route pour la Chine, le Shen Neng 1 est désormais échoué à 70 kilomètres de Gladstone (Australie), son port de départ. Les autorités et la Maritime Safety Queensland ont dépêché sur place deux remorqueurs qui tentent de stabiliser l'épave avant de la renflouer, en espérant éviter une marée noire plus importante dans l'écosystème corallien.

Le premier ministre australien, Kevin Rudd, est outré par les conditions dans lesquels le navire s'est échoué sur le plus grand atout naturel de l'Australie et des voix s'élèvent quant au nombre de navires (6.000 en 2007) qui empruntent la voie maritime de la Grande barrière. Le leader du parti écologiste australien réclame une révision des conditions de navigation dans cette zone et demande notamment qu'il soit obligatoire de recourir à des pilotes qui veilleraient à ce que les navires n'empruntent pas de raccourcis...