Europol doit supprimer de vastes quantités de données de personnes innocentes. © Gorodenkoff, Adobe Stock
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Données privées : Europol sommé d’effacer les données des innocents

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Selon une analyse du gendarme européen de la vie privée, Europol conserverait de vastes quantités de données personnelles de personnes innocentes, allant à l'encontre des réglementations européennes. Accusée de surveillance de masse, l'agence a été sommée de purger les informations qui ne sont pas en lien avec des crimes.

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Europol est accusé de conserver de vastes quantités de données en dehors de tout cadre juridique et de dériver vers une agence d’espionnage comme la NSA. Dans une décision publiée le 10 janvier, le Contrôleur européen de la protection des données (CEPD) a sommé l'agence de police criminelle d'effacer toutes les informations d'individus dans ses bases de données qui ne se sont pas impliquées dans des affaires criminelles.

Selon The Guardian, l'agence détient plus de 4 pétaoctets de données en provenance des États, récoltées dans le cadre d’opérations de police ou encore les données personnelles de migrants. La base de données contiendrait des informations sur au moins 250.000 personnes. Bon nombre de celles-ci ne rentrent pas dans les catégories « suspects », « futurs criminels potentiels », « contacts et associés », « victimes », « témoins » et « informateurs ». Ainsi de nombreux Européens innocents, non impliqués dans le moindre crime, pourraient être fichés sans le savoir.

Une mine d’informations pour entraîner une IA

Outre une surveillance illégale des citoyens, les données retenues pourraient servir à entraîner une intelligence artificielle. Europol avait déjà signalé son intention de créer ses propres algorithmes grâce à l'apprentissage automatique dès le printemps 2020, et ceci inclurait la reconnaissance faciale. Après avoir mis le programme en pause en 2021, l'agence a récemment commencé à recruter des experts en IA.

Le CEDP a accordé à Europol un délai d'un an pour mettre de l'ordre dans ses fichiers. Après cette échéance, l'agence devra filtrer les données entrantes dans un délai de six mois maximum afin de supprimer toutes les informations non pertinentes.

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