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Science décalée : pourquoi les rockeurs solistes meurent-ils plus tôt ?

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On dit souvent que les stars du rock vivent moins longtemps que le reste de la population. Une étude le confirme. Cependant, les risques de mourir prématurément sont encore plus grands pour les artistes solos que pour ceux qui jouent dans un groupe...

Elvis Presley, l'une des voix les plus célèbres du rock, est décédé en 1977 à l'âge de 42 ans à cause, on le suppose, d'une arythmie cardiaque. Comme 137 rockeurs de ces 50 dernières années, il est mort prématurément. La faute à sa carrière solo ? © MGM, Wikipédia, DP

Le rock est peut-être éternel, mais les rockeurs ne le sont pas. Ainsi, une vaste étude menée par des Britanniques de la Liverpool John Moores University sur près de 1.500 stars de la musique révèle qu'elles ont globalement tendance à mourir un peu plus tôt que le reste de la population, mais surtout que les grands solistes faisaient des victimes plus précoces que les membres d'un groupe. Pourquoi cela ?

Le contexte : les rockeurs à la vie de débauche

Born to Be WildSympathy for the DevilRevolution, Sex, Drugs and Rock'n'Roll... Ces quelques titres montrent bien le lien qui unit la musique rock et la rébellion face à l'ordre établi à laquelle elle invite. Les stars de ce mouvement musical en sont parfois les porte-drapeaux et ne cachent pas leur penchant pour les drogues ou autres comportements prohibés.

Malheureusement, certains semblent avoir payé les fruits de leurs excès et de leur vie à cent à l'heure. Le mythe veut même que les vraies rock-stars meurent à 27 ans, même si ce n'est qu'une légende. Malgré tout, le fait est que leur manque d'hygiène de vie semble conduire quelques-unes d'entre elles à mourir prématurément.

Est-ce une impression ou la vérité ? Des scientifiques du Royaume-Uni, terre natale de certains des plus grands du genre, ont voulu en avoir le cœur net. Ils décrivent dans BMJ Open les résultats de leur étude sur l'espérance de vie des plus célèbres rockeurs...

L’étude : jouer seul, mourir plus vite

L'objectif était donc de comparer la survie de 1.489 artistes ayant signé un album comptant parmi les meilleures ventes entre 1956 et 2006 avec la population générale du même sexe, du même âge et à la même époque. Pour Elvis Presley par exemple, qui s'est fait connaître en 1956, il s'agissait de le confronter à la population blanche américaine masculine née comme lui au milieu des années 1930.

Le rock a plus de 60 ans, et depuis Bill Haley et son Rock Around the Clock, moins de 10 % des plus grands musiciens du genre sont morts. Pourtant, certains ont eu des comportements autodestructeurs et sont toujours en vie 40 ans après les faits. © Dnf-style, StockFreeImages.com

Durant les 50 ans que couvre leur étude, 137 stars sont mortes, soit 9,2 % du total. La majorité d'entre elles étaient américaines. Il existe des différences d'espérance de vie en fonction de l'origine : celle des rockeurs britanniques est de seulement 39 ans, contre 45 pour les rockeurs nord-américains. Cependant, une fois leur célébrité passée, les musiciens européens connaissent au bout de quelques années une mortalité proche de celle du reste de la population, contrairement à leurs homologues vivant outre-Atlantique.

Mais ce n'est pas tout. En comparant les Jimi Hendrix, Michael Jackson et autres solistes comme Amy Whinehouse avec Kurt Cobain, leader de Nirvana ou Sid Vicious, bassiste des provocants Sex Pistols, les auteurs ont perçu qu'il était préférable d'avoir des camarades pour vivre plus longtemps. En moyenne, ceux ayant opté pour une carrière solo ont deux fois plus de risques de mourir prématurément que les membres d'un groupe. Au Royaume-Uni, un soliste sur dix connaît une fin tragique, tandis que la proportion monte à un sur cinq aux États-Unis !

L’œil extérieur : solitude et enfance difficile, le cocktail détonant

Pourquoi de tels résultats ? La vie de rock-star n'est pas de tout repos. Des tournées interminables, d'autant plus en Amérique (le territoire étant bien plus grand), loin de la famille et des amis, ont raison du moral des rockeurs. L'entourage est prépondérant. Or, comme l'explique la psychologue britannique Honey Langcaster-James, spécialiste des célébrités, les membres d'un même groupe se soutiennent mutuellement. En revanche, le soliste est encadré par des employés, un manager, bref, des gens intéressés par la manne financière qu'il représente.

De plus, le passé semble avoir son importance. Les artistes morts à la suite d'un comportement à risque ou d'une overdose de drogue ont le plus souvent connu une enfance difficile, à base d'abus sexuels, de violences physiques, avec un proche en prison ou un parent toxicomane.

Ainsi donc, l'esprit d'équipe existe aussi dans la musique, et il est même vivement conseillé pour les rockeurs désireux de vivre plus longtemps.

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