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RobuDOG, un robot-chien français champion de foot

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Il est encore tout jeune, ne pèse que 3,2 kg à la naissance, mais joue déjà au foot. C'est même pour cela qu'il a été créé. Voici Robudog, le chien robot mis au point par Robosoft et bientôt commercialisé. Mais gardez-vous bien de le considérer comme un simple jouet. Car ce concentré de technologie intéresse aussi les chercheurs, qui pourraient être les premiers à l'acquérir.

Simulation de Robocup jouée par Robodog. Crédit Robosoft.

A l'origine, l'entreprise du pays basque français Robosoft, spécialisée dans la réalisation de systèmes automatisés, voulait simplement relever le défi des organisateurs de la coupe du monde de football des robots, la Robocup. Pour cela, elle s'est associée à l'Institut Systèmes Intelligents et Robotique (ISIR, Université Paris 6), afin de concevoir un système autonome capable d'occuper la place laissée vacante par la disparition d'Aibo, le chien-robot de Sony.

La firme japonaise avait en effet décidé en janvier 2006 de stopper la production de cet animal de compagnie cybernétique, qu'elle avait pourtant écoulé à plusieurs milliers d'exemplaires dans le monde entier, mais dont le seuil de rentabilité n'avait jamais été atteint. Face à une demande persistante, non seulement d'une clientèle fortunée mais aussi du secteur de la robotique universitaire qui trouvait en Aibo une plate-forme de recherche idéale et toute prête, Robosoft décidait donc de se lancer.

Le Robudog de Robosoft. Crédit : Robosoft.

Mais alors que le canidé artificiel de Sony était orienté vers l'amusement et le délassement, la société française décidant de le concevoir en vue d'applications bien plus complexes. Et si Aibo pouvait déjà jouer (maladroitement) au foot, Robudog s'avère déjà doué à la naissance. Qu'on en juge.

Robot surdoué

Tout d'abord, la partie mécanique. Alors que le Japonais se contentait de "pousser" la balle, les pattes antérieures de son homologue français ont été équipées d'un ensemble complexe de moteurs et de capteurs afin de frapper la balle avec une très grande précision en contrôlant finement sa trajectoire. Chacune des articulations, au nombre de quatre sur chaque patte avant et trois sur les membres postérieurs, sont équipées de senseurs qui transmettent en permanence des renseignements sur leurs position, vitesse, déplacement et température.

Le centre nerveux de Robudog est constitué d'un micro-ordinateur complet destiné à animer l'ensemble de façon optimale, on serait tenté de dire "vivante", en fonction des données fournies en permanence par un ensemble de capteurs. Le principal d'entre eux est bien sûr la caméra incorporée à la tête, elle-même animée par trois articulations finement motorisées. Elle fournit une vision du champ situé devant la machine non seulement à l'ordinateur embarqué, mais aussi à une console par liaison Wi-Fi (dont l'antenne constitue la queue) et qui permet de prendre le contrôle du chien à distance. Les déplacements de l'"animal" sont aussi optimisés par des senseurs de contact et de friction fixés sous chaque patte, afin de procurer une meilleure adhérence en empêchant tout glissement.

Le corps du robot renferme aussi toute une panoplie d'éléments plus classiques, mais que l'on n'a pas forcément l'habitude de rencontrer dans un automate aussi léger, tels 2 gyroscopes, 2 capteurs infrarouges, un micro et un haut-parleur, et bien évidemment une batterie rechargeable (4800 mAh). Cette merveille de technologie occupe une place de 33 x 25 x 25 cm, et son poids annoncé est de 3 kg.

Selon Vincent Dupourqué, P-Dg de Robosoft, une première version de Robudog sera commercialisée dans environ six mois pour un prix de 3200 euros et visera avant tout le monde scientifique ainsi que les hobbyistes avertis, qui voudraient développer des applications et des types de comportements "intelligents" pour un tel robot. L'éventail des possibilités s'avère en effet particulièrement étendu, on pense notamment à la surveillance ou à l'intervention dans des endroits difficilement accessibles à des automates équipés de roues, Robudog étant aussi à l'aise dans un escalier que sur sol plan. Le robot sera accompagné de plusieurs logiciels de programmation, notamment la suite Microsoft Robotics Studio.

Ecran de contrôle. Dans la fenêtre inférieure apparaît la "vision" du chien artificiel. Crédit Robusoft.

En fonction du succès rencontré lors de cette première distribution, Robosoft décidera ensuite de développer une éventuelle version grand public plus orientée vers le divertissement de son chien mécanisé, qui pourrait très bien dans un proche avenir se mettre à japper joyeusement dans vos pieds...