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L'architecture des Lifters

Dossier - La révolution de la propulsion électrocinétique
DossierClassé sous :Astronautique , propulsion , électrocinétique

Jean Etienne, Futura

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Qui de nous n'a jamais rêvé d'un voyage dans les étoiles ? Depuis que l'Homme est homme, il n'a jamais cessé de vouloir voler. Aujourd'hui, c'est fait. On peut même dire que la routine a remplacé le rêve... en est-on bien sûr ? Et si l'avion, véhicule-clé de nos vacances, de nos voyages d'affaires, n'était qu'une transition, une étape vers… autre chose ?

  
DossiersLa révolution de la propulsion électrocinétique
 

Les premiers Lifters se caractérisaient par la même forme triangulaire de base, celle-ci présentant plusieurs qualités essentielles dont un nombre réduit de pièces pour un développement maximum et une rigidité parfaite. Mais bientôt, de nouveaux modèles sont apparus, combinant entre eux plusieurs triangles pour former des ensembles à la fois plus complexes et plus porteurs.

Essai d'un Lifter en plein air, par Jean-Louis Naudin. Source: http://membres.lycos.fr/jlnlabs/lifters/index.htm

Configuration cellulaire, quelquefois à plusieurs étages, optimisation des surfaces, des écartements anode/cathode, tout est sujet à modification dans cet appareil basique et facile à construire, et depuis que de nombreuses personnes, amateurs ou non, issues ou non d'un milieu scientifique, se sont emparées du phénomène, le rendement des Lifters (rapport poids/poussée) s'est vu multiplier dans une proportion importante. 11 mois après la première publication des travaux de Jean-Louis Naudin sur son site web, la puissance des Lifters avait déjà été multipliée par 2,7. Et cela avec des moyens relevant plus du bricolage que de l'expérimentation scientifique.

Nous n'en sommes pourtant qu'aux balbutiements de la méthode. Déjà dans le laboratoire de Jean-Louis Naudin, un Lifter de 97 grammes a pu soulever une charge utile de 60 grammes. Et le 8 janvier 2003, ce même Lifter, nommé "Maximus", un monstre de 134 grammes en charge, composé de 3 étages de 84 condensateurs formant une structure de 1,20 mètre de large, s'élevait de son plan de travail en transportant le premier être vivant dans une nacelle : la souris "Orville". Evènement peut-être dérisoire, mais surtout prémonitoire et lourd de signification.

Si, jusqu'à présent, ces appareils volants ont été alimentés par un courant électrique venant de l'extérieur, le fait que la charge utile augmente rapidement laisse envisager pour un proche avenir le moment où cette source énergie pourra être embarquée. La perspective de voir s'élever un Lifter devenu totalement autonome lance un défi à notre imagination. Considérant ce qui a été décrit, notamment son aptitude à créer une poussée aussi bien dans l'atmosphère que dans le vide, il est rigoureusement impossible de prévoir ce qui arrivera alors. Le plus étonnant est peut-être que ce moment, compte tenu de la rapidité et de la régularité des progrès accomplis, nous semble très proche.

Jean-Louis Naudin et son Lifter "Maximus" en vol. Ce sont ici 97 grammes qui s'arrachent de la table d'expérimentation.