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Quelle réalité pour le tourisme spatial ?

Dossier - La révolution de la propulsion électrocinétique
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Jean Etienne, Futura

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Qui de nous n'a jamais rêvé d'un voyage dans les étoiles ? Depuis que l'Homme est homme, il n'a jamais cessé de vouloir voler. Aujourd'hui, c'est fait. On peut même dire que la routine a remplacé le rêve... en est-on bien sûr ? Et si l'avion, véhicule-clé de nos vacances, de nos voyages d'affaires, n'était qu'une transition, une étape vers… autre chose ?

  
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Puisqu'une infrastructure existe déjà là-haut susceptible de nous accueillir (même si les scientifiques ne sont pas enclins à recevoir une horde de touristes dans leur petit coin d'orbite chèrement acquis), attachons-nous plus particulièrement à la condition sine qua non de tout trip spatial : quitter la Terre.

Actuellement, le prix du kilogramme porté en orbite est cher, très cher : environ 5000 € le kg, ce qui nous amène à débourser 375.000 € pour un homme de 75 kg. A ce poids, il convient aussi d'ajouter le scaphandre, la nourriture, l'eau, l'équipement de survie... c'est-à-dire un minimum de 500 kg à 1 tonne. Cela, bien entendu en ne considérant que la participation à un lancement "de routine", d'un passager "ajouté" à une mission déjà planifiée. Dans le cas d'un vol exclusivement touristique, il faut prendre en compte le prix du vaisseau spatial s'il n'est pas réutilisable, de sa maintenance s'il l'est, des équipes au sol, ce qui représente quelques centaines de personnes, ainsi que de l'entraînement du candidat astronaute. Ces coûts cumulés ne laissent que bien peu de perspectives de bénéfices... et limitent drastiquement le nombre de candidats au voyage.

Les agences spatiales nous promettent cependant une baisse significative de ce montant dans le futur. A l'horizon 2010 le prix du kilogramme en orbite pourrait être divisé par 10, par 100 en 2025 et par 1000 en 2040. C'est du moins ce que pensent certains prévisionnistes, en se basant sur l'évolution des lanceurs depuis près d'un demi-siècle.

Mais d'autres, plus réalistes, font remarquer que les fusées actuelles sont toujours construites sur le même modèle que la V2 des années 40, et que la Soyouz russe emmenant les vaisseaux-taxis du même nom vers la Station Spatiale Internationale n'est autre que la même Semiorka utilisée pour le lancement du premier satellite artificiel, Spoutnik 1, en... 1957. Ils font aussi remarquer que selon les prévisionnistes de l'époque, l'avènement de la navette spatiale en 1981 aurait dû permettre de diviser ce même coût par 100... C'est, en fait, l'inverse qui s'est produit, l'utilisation de ce lanceur de nouvelle génération se révélant bien plus dispendieux que prévu.

Encore faut-il tempérer. La navette spatiale n'est de "nouvelle génération" qu'en ce qui concerne le véhicule lui-même. Car c'est bien une fusée à deux étages qui la propulse en orbite, et même si l'architecture de l'ensemble a été profondément modifiée au prix d'une disposition audaciuise - poussée asymétrique, réservoir largué, ensemble moteur revenant au sol pour y être réutilisé, atterrissage sur une piste conventionnel - la mise en orbite ne diffère absolument pas du lancement d'un vaisseau Apollo ou même Soyouz... en plus coûteux !

Il apparaît clairement aujourd'hui que la propulsion par fusées, qu'elle soit chimique ou même nucléaire, ne constituera jamais un moyen économique de lancement. L'énergie nécessaire à la satellisation d'une masse importante, la violence de sa mise en œuvre, hypothèquent aussi sérieusement la sécurité de l'ensemble sans aucune comparaison possible avec un moyen de transprt terrestre ou aérien.

Pourtant, sauf catastrophe majeure atteingant toute l'humanite, la ligne du progrès est irréversible et le voyage spatial se banalisera dans un futur... relatif. Mais pratiquement tous les chercheurs s'accordent à dire aujourd'hui que cet objectif ne pourra être atteint sans une rupture technologique renvoyant nos fusées chimiques rejoindre nos antiques locomotives à vapeur et nos diligences au musée des transports.

Le communiqué de la Nasa daté du 6 novembre 2001. Source Nasa.

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