Le village de pêcheurs de Pangane, dans la province de Cabo Delgado, au Mozambique, est ici photographié par la constellation de Planet. © Planet

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Découvrez la plus grande flotte de microsatellites au monde

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En orbite autour de notre planète, tourne la plus grande constellation de très petits satellites dédiés à l'observation de la Terre. Conçue et opérée par la société Planet, cette constellation est peu connue du grand public. Pourtant, elle permet une vision inédite, en temps quasi réel, de l'état de la végétation, de l'activité économique ou de l'urbanisation.

  • Planet conçoit, fabrique et exploite la plus grande constellation mondiale de microsatellites et nanosatellites d’observation de la Terre.
  • Cette constellation permet de produire chaque jour des images de l’ensemble de notre planète.

Aujourd'hui, les satellites d'observation de la Terre ne sont plus seulement utilisés au service de l'environnement ou pour mieux comprendre le fonctionnement global de la planète. À l'ère du New Space, avec une répétitivité et une régularité que nul autre moyen d'observation ne permet, et avec la possibilité d'atteindre tous les points du Globe, même les plus inaccessibles, leurs champs d'applications sont multiples.

Ce marché de l'exploitation des données en provenance de l'observation a pris son essor avec le développement de la technologie des petits satellites à faible coût. Il a permis aux entreprises du segment de l'observation de la Terre de renforcer le potentiel de développement des activités commerciales basées sur des images à plus ou moins haute résolution en temps quasi réel.

C'est notamment vrai pour les images fournies par les satellites Dove (dove signifie « colombe » en français), construits et opérés par Planet. Fondée en 2010 par trois scientifiques de la Nasa, cette société dispose aujourd'hui de « la plus grande flotte de microsatellites au monde », nous expliquent Will Marshall et Robin Schlinger, deux des trois fondateurs. La constellation de Planet compte désormais 190 satellites (récemment, 48 microsatellites ont été envoyés dans l'espace par un lanceur russe Soyouz).

Ces trois images satellite, acquises en décembre 2015, février 2016 et janvier 2017 (de gauche à droite), montrent l'état d'avancement de la construction d'une ferme solaire située près de la ville chinoise de Golmud. © Planet

Les microsatellites Dove, de Planet 

178 de ces satellites sont des microsatellites Dove de 3 à 5 mètres de résolution. La constellation compte aussi 5 satellites RapidEye, rachetés à BlackBridge en 2015 (5 mètres de résolution), et 7 satellites Terra Bella, rachetés à Google en avril 2017 (1 mètre de résolution). Cette constellation tourne sur une orbite héliosynchrone (SSO) à 475 km d'altitude et a pour ambition de « photographier l'intégralité de la planète chaque jour ». 

Elle peut ainsi prendre des dizaines de photos de la Terre au même moment, ce que d'autres sociétés qui commercialisent également de l'imagerie spatiale et des données géospatiales ne peuvent pas faire. Ses rivales, comme DigitalGlobe et Airbus Defense and Space, doivent se contenter d'un nombre restreint de prises de vues, alors que Planet peut « photographier chaque jour chaque centimètre de la surface terrestre ».

Trois photos montrant les dégâts causés par l’incendie du 2 au 5 juillet 2017 qui a touché les environs de la ville de Sparks, dans le Nevada (États-Unis). © Planet

Les images fournies par Planet ne sont peut-être pas celles qui offrent la meilleure résolution mais, « grâce aux détails qu'il est possible d'observer et, surtout, à la répétitivité des observations », la société met à la disposition de tout à chacun un « flux d'informations complètement nouveau sur notre planète ». En effet, c'est la première fois qu'il est possible de disposer d'une vue globale de la Terre mise à jour quotidiennement et donc de « comparer l'évolution des scènes photographiées au fil du temps ». Pour exploiter ses données satellitaires, Planet les rend disponibles presque instantanément via les API basées sur le Web et un catalogue en ligne capable de stocker des téraoctets de données qui sont actualisées tous les jours.

Imagerie spatiale : applications et services

Quant aux services et débouchés commerciaux, ils sont « nombreux et concernent tous les secteurs des activités économiques, militaires et scientifiques ». Associez ces satellites à de l'intelligence artificielle (plus précisément à l'apprentissage machine, ou machine learning, qui permet d'interpréter les images) et il est alors possible d'extraire tout un tas d'informations et de données économiques qu'on ne pensait pas pouvoir obtenir de prime abord.

Par exemple, il est possible :

  • de localiser un navire rien qu'avec sa photo ;
  • de surveiller des zones industrielles pour en déduire leur niveau d'activité ;
  • de mesurer l'intensité lumineuse d'un pays afin d'en déduire son niveau d'activité ;
  • de vérifier les dégâts déclarés par les assurés des compagnies d'assurance ;
  • d'anticiper plus facilement le niveau des récoltes agricoles, et donc des cours ;
  • de surveiller en temps réel la floraison, l'état d'avancement de la déforestation, la fonte des calottes polaires ou la production des mines de charbon par exemple.

Pour en savoir plus sur l'utilisation des images de Planet, c'est ici.

Pour en savoir plus

Microsatellites : des cubes d'un kilogramme dans l'espace !

Article de ADIT BE Allemagne publié le 26/11/2004

Les petits satellites d'un kilogramme standardisés, utilisés dans des applications d'observation, font partie d'une branche très jeune de la technique des satellites. Le professeur Briess de l'université technique de Berlin en coopération avec d'autres établissements et entreprises de Berlin veut développer, implémenter et tester en orbite des technologies et des méthodes pour le standard de microsatellites CubeSat.

CubeSat est un concept de satellites lancé par l'université San Luis Obispo de Californie et le Space Systems Developpement Lab de l'université Stanford, auquel contribuent actuellement à travers le monde plus de 40 universités et entreprises privées. Il vise à développer des satellites d'un kilogramme dans un cube de 10 cm d'arête, pour réaliser des missions d'observation à moindre coût (environnementales, grands incendies, crues, phénomènes météorologiques, etc.). Sa faisabilité a déjà été démontrée à l'occasion d'une première mise en orbite en juin 2003.

La sonde Proba lancée en 2001, légèrement plus grosse qu'une télévision, fait partie de la famille des microsatellites. © ESA

Actuellement les recherches portent entre autres sur les systèmes de propulsions optimaux, prenant en compte les différents objectifs de mission. Avant de posséder complètement la technique et de produire à la chaîne les microsatellites CubeSat, il devrait s'écouler entre cinq à dix ans, selon le professeur Briess.