Sciences

Nouveaux records pour la voiture solaire Nuna II

ActualitéClassé sous :recherche , solaire , écologie

-

La voiture solaire néerlandaise Nuna II, qui utilise des technologies spatiales de l'ESA (l'Agence Spatiale Européenne, NDLR), remporte la première place du "Défi solaire mondial", à l'issue d'une course de 3010 km à travers le territoire australien organisée pour des véhicules à propulsion solaire.

Le véhicule solaire Nuna II. Crédit : David Hancock

Partie de Darwin dimanche 19 octobre, Nuna II a franchi la ligne d'arrivée à Adélaïde mercredi 22 octobre en un temps record de 30 heures 54 minutes, battant le précédent record de 32 heures 39 minutes établi en 2001 par son prédécesseur néerlandais Nuna I.

Nouveau record du monde de vitesse

Nuna II, qualifiée de « Hollandais volant » par la presse australienne, a bouclé le circuit à la vitesse moyenne de 96,8 km/h, contre 91,8 km/h pour Nuna I. Malgré deux crevaisons, le véhicule a parcouru 830 km le troisième jour, ce qui constitue également une performance inédite sur 24 heures. Le quatrième et dernier jour, Nuna s'est à nouveau distinguée en atteignant une vitesse maximale de plus de 110 km/h, établissant ainsi un nouveau record du monde.

La voiture Nuna II a mené la course de bout en bout. Avant même de quitter l'aire de départ, elle figurait parmi les favoris en raison du fait qu'elle utilise, comme son aînée Nuna I, des technologies spatiales issues du Programme de transfert de technologie de l'ESA, lui permettant en théorie d'atteindre une vitesse maximale supérieure à 170 km/h.

La coque extérieure, dont l'aérodynamisme a été optimisé, est constituée de plastiques renforcés initialement conçus pour l'espace et qui lui confèrent à la fois sa légèreté et sa robustesse (voir photo ci-dessous). La structure principale est en fibre de carbone renforcée dans sa partie supérieure et sur les garde-boue par de l'aramide, plus connu sous la marque Twaron. Le Twaron est un matériau utilisé dans les satellites pour les protéger des micro-météorites et également, aujourd'hui, dans certains équipements très performants comme les gilets pare-balles.

Nuna est constitué des mêmes produits que les sondes spatiales !

La coque de la voiture est recouverte de photopiles triple jonction à l'arséniure de gallium, développées pour des satellites. Ces photopiles emmagasinent 20% d'énergie en plus que celles utilisées sur Nuna I en 2001. Quelques semaines seulement avant la course, l'ESA avait utilisé ces produits pour la première fois à l'occasion du lancement vers la Lune de la mission de démonstration technologique SMART-1.

Nuna II est également munie de capteurs du point de puissance maximale, lesquels sont de petits dispositifs garantissant une répartition optimale d'énergie entre la batterie et les photopiles, même dans les zones d'ombre et par temps nuageux. Bon nombre de satellites sont équipés de ces capteurs. C'est notamment le cas de Rosetta, la sonde de l'ESA qui doit être lancée en février 2004 à destination de la comète Churyumov-Gerasimenko.

Nuna, fruit de la colaboration de 12 étudiants

Nuna II a été construite par une équipe de 12 étudiants des universités de Delft et de Rotterdam. Pour s'acquitter de leur tâche, ces étudiants se sont appuyés sur un éventail impressionnant de partenaires. Ainsi, outre un soutien technique par le biais de son Programme de transfert de technologie, l'ESA a fourni une aide plus générale dans le cadre de son Bureau Projets éducatifs, dirigé un temps par l'ancien astronaute européen Wubbo Ockels. Ce dernier, intervenant en qualité de conseiller de l'équipe Nuna II, avait déjà mené Nuna I à la victoire en 2001.

  Les commentaires ne sont pas disponibles pour le moment.