Le programme américain de retour sur la Lune suscite un intérêt majeur grâce aux missions habitées. Cependant, en parallèle, plusieurs missions robotiques sont planifiées pour préparer l'arrivée et l'installation humaine de façon à créer les conditions nécessaires pour vivre et travailler en sécurité sur la Lune. En 2024, trois missions américaines sont prévues sur la Lune.


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    Dans le cadre du programme Artemis du retour de l'Homme sur la Lune, l'année 2024 sera marquée par le lancement d’Artemis II. Cette mission enverra un équipage de quatre astronautes pour réaliser une trajectoire en forme de grand huit autour de la Lune et de la Terre. Bien qu'ils ne se poseront pas sur la Lune, privilège réservé à l'équipage d'Artemis III, ces astronautes seront les premiers à s'approcher de notre satellite depuis la mission Apollo 17 en décembre 1972, il y a plus de 50 ans.

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    En attendant ce lancement, plusieurs missions robotiquesrobotiques réalisées dans le cadre du programme Commercial Lunar Payload Services (Services de charge utile lunaire commerciale, ou CLPS) de la Nasa sont attendues sur la Lune. Lancé en 2018, ce programme permet à des entreprises privées de livrer du matériel scientifique et technologique sur la Lune pour le compte de la Nasa, ainsi que pour d'autres entreprises et organismes de recherche intéressés.

    D'un point de vue économique, ce programme a pour but d'optimiser les coûts de la Nasa en sous-traitant à des opérateurs privés l'ensemble des opérations permettant de livrer des charges utiles sur la surface de la Lune. D'un point de vue scientifique, l'objectif principal des missions du programme CLPS est la prospection des ressources - en particulier celles du pôle Sud - et le test de différentes technologies d'Isru (In-Situ Resource Utilization). À ce jour, la Nasa a signé plus d'une dizaine de contrats CLPS, dont plus de la moitié sont à destination du pôle Sud.

    Trois missions CLPS sur la Lune en 2024

    La première mission à partir est celle de l'atterrisseur Peregrine d'Astrobotic, qui emportera cinq instruments scientifiques, le rover japonais Yaoki ainsi que des objets surprenants tels que des cendres de défunts. Elle a été lancée ce lundi 8 janvier à bord du nouveau lanceur Vulcan d'ULA, qui a effectué son vol inaugural. En février, la mission IM-1 suivra avec l'atterrisseur Nova-C d'Intuitives Machines, transportant des charges utiles pour la Nasa et d'autres clients. Elle sera lancée par un Falcon 9Falcon 9 de SpaceXSpaceX.

    La troisième mission - dernière de l'année - sera le lancement de l'atterrisseur Griffin d'Astrobotic à bord d'un Falcon HeavyFalcon Heavy de SpaceX. Cet atterrisseur se posera à proximité du pôle Sud de la Lune et livrera le rover Viper de la Nasa. Viper, acronyme de Volatiles Investigating Polar Exploration Rover, aura pour mission de rechercher des sources d'eau glacée susceptibles de soutenir de futures missions humaines sur la Lune.

    Un premier atterrissage lunaire pour le Japon

    En parallèle, la mission Slim de l'Agence spatiale japonaiseAgence spatiale japonaise (Jaxa) se posera sur la Lune le 19 janvier. Bien qu'elle ne fasse pas partie du programme Artemis de la Nasa, cette mission de démonstration technologique est intéressante car elle préfigure un atterrisseur léger pour la Lune et ouvre la voie à l'exploration du Système solaireSystème solaire, avec la possibilité d'atterrir où les agences le souhaitent et pas seulement là où c'est facile. En orbiteorbite autour de la Lune depuis le 25 décembre dernier, l'atterrisseur cartographie, en ce moment même, son site d'atterrissage. La mission Slim vise une précision d'atterrissage de seulement 100 mètres à l'intérieur du cratère Shioli, situé à l'intérieur d'un cratère plus large nommé Cyrillus.